Accordez-vous une journée « intouchable » par semaine

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Etre injoignable par quelque moyen que ce soit et par qui que ce soit une fois par semaine vous rendra plus créatif et plus productif.

Je déteste les réunions. Elles m’encombrent l’esprit et occupent inconsciemment mes pensées. Je me sers de carnets pour les préparer. En plein milieu de ma journée de travail, je dois me déplacer pour y assister puis retourner à mon bureau. Et à quoi mènent-elles, ces réunions, la plupart du temps ? Je vous le donne en mille : à encore plus de réunions (lire aussi l’article : « Halte à la folie des réunions ! »).

Lorsque j’étais directeur du développement du leadership chez Walmart, une bonne partie de mes journées était consacrée à des réunions. Comme tout le monde ! Quand j’ai démissionné il y a deux ans pour me mettre à mon compte en tant qu’auteur et conférencier, j’ai cru en avoir fini avec les réunions.

Mais je me trompais.

A présent, j’ai des entretiens et des interviews par téléphone ; des déjeuners avec des agents littéraires et des développeurs web ; des conférences téléphoniques à propos de titres d’ouvrage et de programmes de lancement éditoriaux ; des interviews à la radio et des échanges téléphoniques pour me préparer à des rencontres avec les médias. Et chacune de mes conférences est immanquablement précédée d’une réunion avec le client et l’organisateur afin de clarifier les objectifs de mon intervention et la logistique de l’événement.

On ne se débarrasse jamais vraiment des réunions.

Le problème, cependant, c’est que je suis à présent essentiellement jugé sur ma production créative, alors que je n’ai plus le temps pour ça ! Mais je ne suis pas le seul dans ce cas. Tandis que le monde devient de plus en plus affairé et que nos téléphones ne cessent de sonner, l’attention et la créativité sont des ressources qui se raréfient (lire aussi la chronique : « Vous voulez être créatif, oubliez la productivité »). Et si vous ne prenez pas le temps d’offrir au monde des choses belles et nouvelles, votre valeur s’en trouve rapidement diminuée.

Avant, je faisais partie de ces gens qui, soit « debout aux aurores », soit « adeptes des nuits blanches », enchaînent les heures de travail pendant que les autres dorment. C’est comme ça que j’ai écrit mille billets de blog en mille jours. Sauf que j’ai fini par comprendre qu’on ne peut rouler sur la voie rapide qu’un certain temps avant de partir dans le décor.

Un moyen pratique d’abattre plus de travail sans y passer plus de temps

J’ai changé. Quand je rentre chez moi, je profite du temps passé avec ma femme et mes deux petits garçons. Rien ne m’est ni ne me sera jamais plus précieux qu’eux, et je doute de la sagacité de ceux qui ne consacrent pas suffisamment de temps à ceux qu’ils aiment. J’ai compris que, ce dont j’avais besoin, c’était de trouver un moyen pratique d’abattre plus de travail sans y passer plus de temps. Un besoin urgent, à vrai dire. Pourquoi ? Parce que dès la première année où je me suis mis à mon compte pour écrire, j’ai commencé à voir ma productivité décliner – alors même que je n’étais plus salarié à plein temps. Un constat non seulement démoralisant, mais aussi embarrassant :

« Alors, il avance bien votre prochain livre ?

– Depuis que je ne travaille plus à plein temps vous voulez dire ? Très mal ! »

J’ai fini par trouver une solution qui, à mon avis, m’a permis de sauver ma carrière, mon temps et ma santé mentale. Si vous lisez ces lignes, je suis prêt à parier qu’elle vous sera utile à vous aussi ; j’ai appelé ça « les journées intouchables ».

Durant ces journées, je suis littéralement injoignable par quelque moyen que ce soit et… par qui que ce soit.

Une arme secrète au service de la créativité et de la productivité

Les journées intouchables sont devenues mon arme secrète pour remettre mon travail sur les rails. C’est dans ces moments-là que je suis le plus créatif et le plus satisfait de ce que je produis. A titre d’exemple, un jour ordinaire, où je m’attelle à l’écriture entre deux réunions, j’atteins peut-être 500 mots, alors qu’il m’arrive d’aller jusqu’à 5000 mots au cours d’une journée intouchable. Ces jours-là, je suis donc dix fois plus productif.

Comment est-ce que j’y parviens ?

Je regarde mon agenda seize semaines à l’avance et, chaque semaine, je bloque une journée qui devient INTOUCHABLE. C’est comme ça que j’écris le mot, en majuscules. INTOUCHABLE. Je n’écris rien d’autre de cette façon, si bien que le terme me saute au visage.

Pourquoi seize semaines à l’avance ? Ce qui importe, ce n’est pas tant le nombre de semaines que de réfléchir à ce qui en est à l’origine. Pour moi, c’est la période qui correspond au calendrier prévisionnel de mes conférences et, surtout, c’est juste avant que quoi que ce soit d’autre ne soit planifié. C’est un instant magique dans mon calendrier. Le moment parfait où planter le petit drapeau INTOUCHABLE sur la journée avant que la place soit occupée par autre chose.

Ces jours-là, je m’imagine assis dans un véhicule blindé, protégé de tous côtés par une armure en plastique de cinq centimètres d’épaisseur. Rien ne peut y pénétrer. Rien ne peut en sortir. Les réunions rebondissent sur le pare-brise. De même que les SMS, les alertes et les appels téléphoniques. Mon téléphone est en mode avion et le Wi-Fi est désactivé sur mon ordinateur portable. Rien ne peut me déranger… et rien ne me dérange.

Mais quid des urgences, me direz-vous.

Pour vous la faire courte, il n’y en a jamais. Voici la version longue : quand ma femme m’a demandé comment faire en cas d’urgence, elle n’a pas apprécié le laïus que je lui ai servi à propos de l’époque où nous n’avions pas de téléphones portables et où nous n’étions pas toujours joignables. Nous avons trouvé un compromis : lorsque j’ai commencé à mettre en place ces journées intouchables, je lui ai dit que j’ouvrirai la porte de mon véhicule blindé pendant une heure au déjeuner. Quand je l’ai fait, j’ai été assailli par dix-sept textos, des douzaines d’e-mails soi-disant urgents et un flot continu d’alertes et de nouvelles générées automatiquement – et très exactement zéro urgence de la part de ma femme. Après quelques mois, nous avons arrêté de le faire et, à la place, je lui ai indiqué où me trouver au besoin. Cela l’a tranquillisée de savoir où appeler ou où venir me chercher en dernier recours, au cas où une catastrophe se produirait.

Cela fait maintenant un an que ce système est en place. Rien de tragique n’est jamais arrivé et nous nous sommes tous deux peu à peu habitués à n’avoir aucun contact durant la journée.

Une journée « intouchable » en pratique

Alors à quoi ressemble une journée intouchable vue de près ?

Selon moi, elle se compose de deux éléments principaux. Il y a d’une part le travail créatif profond. Quand vous entrez dans cette zone, le flux qui vous porte vous permet de faire avancer le gros projet sur lequel vous travaillez étape par étape. A côté de cela, vous avez les grenades ; de petites décharges d’énergie que vous pouvez utiliser pour remettre votre pompe créative en route si jamais elle tombe en panne. Ces moments improductifs et frustrants arrivent à tout le monde, et il importe moins d’essayer de les éviter que de disposer d’un arsenal mental pour y remédier. De quoi se compose le mien ? Aller à la salle de sport pour une séance d’entraînement. Picorer des amandes. Me lever de mon siège et faire le tour du pâté de maisons en courant ou aller me promener dans la nature. Après tout, comme l’a exposé le philosophe Henry David Thoreau : « Je crois qu’il y a un magnétisme subtil dans la Nature qui, si nous y cédons inconsciemment, nous indique la bonne direction. » Ernest Hemingway, quant à lui, a écrit : « Je flânais le long des quais après mon travail, ou quand j’essayais de trouver une idée. Il était plus facile de réfléchir en marchant ou en faisant quelque chose ou en voyant les gens faire quelque chose qui était de leur ressort. » Quoi d’autre ? Méditer pendant dix minutes. Ou changer de lieu de travail. Ou encore, mon remède miracle : désactiver le mode avion pendant dix minutes (en ne réactivant pas les e-mails ni les textos) et laisser des messages téléphoniques à mes parents et mes amis proches pour leur dire que je les aime. Cela fonctionne à tous les coups et me permet de me remettre rapidement à travailler parce que, pour être honnête, plus personne ne répond au téléphone.

Mais que se passe-t-il en cas d’accrochage avec ma voiture blindée ? Par exemple, lorsque l’on me propose une conférence incroyable ou que quelqu’un de beaucoup plus important que moi n’est disponible pour une rencontre que ce jour-là ? Drapeau rouge : ma journée intouchable est menacée. Que faire ?

J’applique une règle simple. Les journées intouchables ne peuvent être annulées mais peuvent glisser d’une journée à une autre entre les bornes que constituent les week-ends. Mais elles ne peuvent être repoussées à une autre semaine. Elles comptent plus que tout pour moi, et si elles doivent être déplacées d’un mercredi à un jeudi ou un vendredi, cela me convient, même si je dois décaler quatre réunions pour ce faire. La beauté de cette approche, c’est qu’une fois le drapeau « Journée intouchable » planté dans mon agenda, votre esprit enregistre son caractère indélébile. Les résultats sont immédiats : dès ce dispositif mis en place, vous vous sentirez profondément revigoré d’un point de vue créatif.

Avant que je ne le mette en place, je faisais du surplace : j’écrivais des articles, je donnais des conférences, mais il me manquait quelque chose. Quand j’ai mis en œuvre le système des jours intouchables en 2017, quelque chose de magique s’est produit. J’ai rédigé une étude de 50 000 mots, j’ai écrit et commencé à donner une conférence d’une heure, j’ai rédigé des propositions pour mes trois prochains ouvrages et j’ai planifié de A à Z et commencé à enregistrer une nouvelle émission en podcast – tout en continuant à voyager et à donner plus de conférences que jamais.

Après une année de mise en pratique de ce système, est-ce que je persiste à programmer une journée intouchable chaque semaine ?

La réponse est non.

A présent, j’en programme deux.

Un article de Neil Pasricha paru le 15/05/2018 sur le site de la Harvard Business Review France

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Tao : la voie du bon sens

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Privilégier l’être au paraître, écouter sa nature profonde, s’accorder à l’univers… L’enseignement de Lao Tseu n’a jamais été si moderne. Quelques principes simples pour vivre sereinement.

Tao… trois lettres pour dire l’axe central de l’univers, « d’où tout part et où tout revient ». Trois lettres pour une philosophie orientale qui va bien à notre époque. Certains d’entre nous la pratiquent peut-être sans le savoir, car cette doctrine ancestrale donne des clés pour vivre dans l’énergie, la prospérité et l’authentique. Moins connue que le bouddhisme, souvent confondue avec le zen, le tao nous indique « ce qui marche » pour favoriser la vie. « Il émousse ce qui tranche, démêle les nœuds, discerne dans la lumière, assemble ce qui, poussière, se disperse », écrivait son fondateur Lao Tseu. Le sinologue Cyrille Javary est plus direct : « Tao veut dire “voie”, mais on pourrait presque le traduire par “machin”, explique-t-il. Avec lui, les Chinois ont inventé le pragmatisme souriant. » Voici huit principes du tao. A utiliser sans modération.

Rechercher l’essence, fuir l’apparence

« Celui qui ne perd pas sa racine peut durer », Lao Tseu

Les taoïstes ont recherché la véritable nature des choses, une démarche qui invite à aller au-delà des apparences. Ainsi, en plein mois de novembre, les Chinois voient déjà le printemps. Ils savent qu’il faut retourner la terre pour préparer les futures floraisons. Le tao privilégie l’être au paraître. « Un taoïste aujourd’hui recherche la simplicité en tout. Aux meubles alambiqués, il préfère la beauté d’un bois brut, explique Gérard Edde, auteur du Chemin du tao(La Table ronde). Aux vêtements synthétiques, la pureté du coton. »

Savoir que l’on est relié au monde et que les rythmes du monde sont en soi…

« Grand est le ciel, grande est la Terre, grand, l’être » « Tao Te King », 25

Le tao offre la vision d’un monde holistique, car il part de l’existence d’un flux d’énergie commun, le « ch’i », qui baigne aussi bien le soleil, les planètes que chaque être humain. « Tout homme, parce qu’il se sait en interaction avec toute chose vivante, se sent donc à sa place dans l’univers », explique Galya Ortega, spécialiste du massage taoïste. Cette conscience du ch’i est à la base de nombreuses techniques aujourd’hui très prisées : le feng shui, qui cherche à harmoniser le ch’i d’une habitation avec l’énergie des personnes qui y vivent, ou l’acupuncture, qui travaille sur les points énergétiques du corps afin d’accorder le « climat intérieur » de chaque individu avec la saison qui arrive, et prévenir ainsi les maladies.

En toute chose, reconnaître la danse du yin et du yang

« Le yin est ce qui a envie de devenir yang, et le yang, ce qui a envie de devenir yin », Cyrille Javary

Vivre le tao, c’est avoir conscience de ces deux énergies contraires, nées du vide primordial et qui se relaient sans cesse : le yang – qui correspond à la dureté, la masculinité, l’action, l’être, la lumière – succède au yin, qui incarne le féminin, la douceur, la passivité, les ténèbres, le non-être, la nuit. Dans toute situation, l’une de ces forces succédera à l’autre. Aussi, pour trouver l’harmonie, on recherchera sans cesse le point d’équilibre entre les deux. En cuisine, on élaborera des menus qui associent aliments yin (sucre, fruits, légumes verts, etc.) et yang (viande, œufs, fruits de mer, etc.). Dans la vie quotidienne, on alternera des temps de repos (yin) et d’action (yang), de retour à soi (yin) et d’extériorisation (yang). « Et le tao nous rappelle que se retirer, attitude très yin, peut aussi être une stratégie puissante, car c’est ce qui permet de restaurer l’énergie yang », affirme Cyrille Javary. Parfois donc, reculer, c’est progresser.

S’accorder aux cycles

« Les quatre saisons changent et se transforment continuellement l’une en l’autre. C’est ainsi qu’elles peuvent accomplir la durée du temps » « Yi King », hexagramme 32

Toute chose vivante est soumise à des cycles de destruction et de régénération. Les événements n’échappent pas à cette loi de la mutation : chaque aventure de la vie a ses propres temps d’action et d’immobilisation. La thérapeute américaine Diane Dreher, auteur de The Tao of Womanhood (Quill, New York) affirme que « la sagesse, c’est de savoir reconnaître la fin d’un cycle, de ne pas se battre contre l’incontournable et de savoir quand bouger ». Dans la journée, par exemple, à quelle heure nous sentons-nous au top de notre énergie ? A quel moment décline-t-elle ? Selon Diane Dreher, nous sommes plongés dans la confusion quand nous avons négligé de repérer à quel moment de son cycle en est telle ou telle relation affective ou situation professionnelle qui nous pose problème. Le tao peut alors se faire réconfortant puisqu’il nous chuchote à l’oreille : « Il n’y a qu’une chose qui ne change pas, c’est que tout change tout le temps. »

Résoudre les oppositions

« Sous la pluie, voir le soleil brillant. Dans les flammes, boire à la source fraîche », Anonyme

Pour nous cartésiens, qui pensons en termes de bien ou mal, noir ou blanc, le tao permet de délier les conflits cornéliens qui nous emprisonnent. « Le un se divise toujours en deux » : toute situation se déliera à un moment en une situation yin et une situation yang, rien dans la vie n’est univoque. Le tao nous propose donc de pratiquer la double vision. William Martin, auteur d’un bréviaire taoïste à l’usage des parents d’aujourd’hui (Parents’s Tao Te King – Marlowe and Company, New York), invite à prendre en compte cette dialectique des antagonismes dans l’éducation d’un enfant : « Si vous voulez que vos enfants soient généreux, vous devez d’abord les autoriser à être égoïstes. Si vous voulez qu’ils soient disciplinés, vous devez d’abord les laisser être spontanés. […] Une qualité ne peut être pleinement apprise sans la pleine compréhension de son opposé. »

S’asseoir et oublier

« Le sage rejette toute influence et demeure centré » « Tao Te King », 12

L’un des écrivains taoïstes les plus créatifs, Doctor Barefoot, se définit comme un « guerrier spirituel » (Guerrier urbain, manuel de survie spirituelle – J’ai lu). Individualiste, il méprise la politique car il sait que le travail intérieur prime sur tout et que pour agir en accord avec le tao, il faut d’abord être à l’écoute de sa nature profonde. « N’oubliez jamais : tout ce que vous voyez à la télévision, tout ce que vous lisez sur le Net, dans la presse ou dans les livres, tout ce que vous entendez à la radio, tout (y compris mon guide) est la pensée d’un autre. » Pour lui comme pour les ermites du VIe siècle avant J-C, la sagesse vient de l’intuition intérieure. Pour contacter celle-ci, une seule voie : entrer dans le silence intérieur et méditer. « C’est la “voie de l’eau”, explique Gérard Edde. On ne médite pas pour gagner plus de sagesse ou de sérénité mais, au contraire, on s’assoit pour perdre chaque jour quelque chose : une idée erronée, un mauvais comportement, une émotion conflictuelle… et ainsi rejoindre l’unité primordiale. »

Vivre l’acte sexuel comme un puissant échange énergétique

« Pendant l’amour, l’homme prend le yin qui lui manque et la femme, le yang dont elle a besoin », Gérard Edde

Aujourd’hui, le « tao sexuel » apparaît comme une invitation à l’extase perpétuelle. En réalité, si les ermites du VIe siècle avant J-C ont mis au point ces techniques sophistiquées d’union sexuelle – qu’ils pratiquaient avec des prostituées et suivant un calendrier très précis –, c’était avant tout pour purifier leur énergie vitale. Rien de romantique donc, dans cette pratique qui, comme le qi gong ou la méditation, a pour but essentiel de favoriser l’union avec le tao : « La maîtrise et la rigueur nécessaires aux amants étaient liées à leur manque de passion amoureuse », analyse Gérard Edde. L’acte sexuel est vécu comme un puissant moment d’échange énergétique, ayant à ce titre des répercussions sur toute la vie : « Lorsque votre énergie sexuelle circule librement dans tout le corps (et pas seulement dans les parties génitales), vous vous sentez plus élevé spirituellement et davantage connecté à vos impulsions », déclare Doctor Barefoot.

Apprendre à « nourrir la vie »

« Les hommes d’autrefois respiraient profondément jusqu’aux talons », Tchouang Tseu

Les premiers taoïstes, qui affirmaient leur désir d’atteindre l’immortalité, ont mis au point des centaines de techniques de régénération interne. Ces pratiques millénaires n’ont pas bougé d’un pouce. Vivre dans le tao, à notre époque, revient encore à prendre conscience de l’énergie vitale qui est en soi et à la faire fructifier grâce à ces techniques raffinées : taï-chi, qi gong (les « gymnastiques de santé »), massages taoïstes, médecine chinoise préventive, acupuncture, respiration énergétique, etc. Aujourd’hui, les cours permettant de s’initier fourmillent. Mais n’oublions pas le défi essentiel sur lequel elles ont été conçues : chacun doit savoir se régénérer, et devenir ainsi de plus en plus autonome. A chacun son tao, donc.

Confucius remis en question

Le taoïsme est un courant philosophique né dans le sud de la Chine au VIe siècle avant J-C. La doctrine de Confucius avait alors le monopole en matière de pensée. Concernant aussi bien les mœurs que la politique, cet ordre établi du « bien pensant » fut remis en question par Lao Tseu (Vieille Oreille longue). Ancien conseiller de la cour royale, celui-ci refusa de cautionner plus longtemps le pouvoir impérial qu’il jugeait décadent, quitta la société et entreprit un voyage au cours duquel il écrivit le “Tao Te King” (“Le Livre de la voie et de la vertu”). Ce texte fondateur déroulant les préceptes clés de la philosophie taoïste est un recueil de maximes, d’aphorismes et de dictons, divisé en quatre-vingt-un chapitres. Les deux autres pères du taoïsme sont Tchouang Tseu et Lie Yukou.

Un article de Pascale Senk du 7 Février 2019 sur Psychologies.com

Comment pratiquer la pleine conscience durant votre journée de travail

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L’objectif ? Etre plus efficace en écartant tout ce qui encombre votre esprit et réduit votre concentration.

Vous ne connaissez sans doute que trop bien ce sentiment : vous arrivez au bureau avec un planning précis pour la journée puis, comme s’il ne s’était écoulé qu’un instant, vous vous retrouvez sur le chemin du retour. Neuf ou dix heures ont passé, mais vous n’avez accompli que quelques-unes de vos priorités. Et très probablement, vous n’arrivez même pas à vous souvenir avec précision de ce que vous avez fait au cours de la journée. Si cela vous semble familier, ne vous inquiétez pas : vous n’êtes pas seul dans ce cas. Des études montrent que les individus passent près de 47% de leurs heures de veille à penser à autre chose qu’à ce qu’ils font. Autrement dit, un grand nombre d’entre nous fonctionne en pilotage automatique.

Ajoutez à cela que nous sommes entrés dans ce que d’aucuns appellent l’« économie de l’attention ». Dans l’économie de l’attention (nouvelle branche des sciences économiques et de gestion qui traite l’attention comme une ressource rare, NDLR), la capacité à rester concentré est toute aussi importante que les compétences techniques et managériales. Et parce que les leaders doivent être capables d’assimiler et de synthétiser un flot croissant d’informations pour prendre de bonnes décisions, ils sont particulièrement concernés par cette tendance émergente.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez entraîner votre cerveau à mieux se concentrer en intégrant des exercices de pleine conscience dans votre journée. Sur la base de l’expérience que nous avons menée avec des milliers de dirigeants dans plus de 250 entreprises, voici quelques lignes directrices pour devenir un leader plus concentré et plus attentif.

Une réaction instinctive de lutte ou de fuite

Tout d’abord, commencez bien la journée. Les chercheurs ont constaté que nous libérons la plupart des hormones de stress dans les minutes qui suivent le réveil. Pourquoi ? Parce que la perspective de la journée qui s’annonce déclenche une réaction instinctive de lutte ou de fuite, et libère du cortisol dans notre sang. A la place, essayez ceci : lorsque vous vous réveillez, restez deux minutes dans votre lit en observant simplement votre respiration. Quand des pensées sur la journée surgissent dans votre esprit, laissez-les filer et revenez à votre respiration.

Ensuite, lorsque vous arrivez à votre travail, avant de vous plonger dans votre activité, prenez dix minutes dans les transports ou à votre bureau pour stimuler votre cerveau grâce à ce bref exercice de pleine conscience : fermez les yeux, détendez-vous et tenez-vous droit. Concentrez-vous entièrement sur votre respiration. Maintenez simplement une attention continue sur votre respiration : inspirez, expirez ; inspirez, expirez. Pour mieux vous concentrer sur votre respiration, comptez silencieusement à chaque expiration. Si vous sentez que votre esprit est distrait, ramenez votre attention sur votre souffle. Le plus important : accordez-vous la permission de profiter de ces quelques minutes. Pendant le reste de la journée, différentes personnes et des urgences diverses lutteront entre elles pour obtenir votre attention. Mais durant ces dix minutes, votre attention est toute à vous.

Focalisation et lucidité

Une fois que vous avez terminé cet exercice et que vous êtes prêt à vous mettre au travail, la pleine conscience peut vous aider à améliorer votre efficacité. Deux aptitudes définissent un esprit conscient : la focalisation et la lucidité. La focalisation est la capacité à se concentrer sur ce que vous faites dans le moment présent, tandis que la lucidité est la capacité à identifier et à écarter tout ce qui peut s’apparenter à des distractions inutiles. Sachez que la pleine conscience n’est pas simplement une pratique sédentaire ; il s’agit de développer un esprit clair et aiguisé. Et la pleine conscience en action est une excellente alternative à la pratique illusoire du multitâche. Travailler de façon pleinement consciente signifie appliquer les principes de focalisation et de lucidité à tout ce vous faites dès l’instant où vous entrez dans le bureau. Focalisez-vous sur la tâche à accomplir et chassez les distractions intérieures et extérieures au fur et à mesure qu’elles se présentent. De cette manière, la pleine conscience permet d’accroître l’efficacité, de réduire les erreurs et même de donner libre cours à la créativité.

Pour mieux comprendre le pouvoir de la focalisation et de la lucidité, prenons l’exemple d’un fléau qui nous touche presque tous : l’addiction à l’e-mail. Les e-mails ont une réelle capacité à détourner notre attention et de la rediriger vers des tâches d’une priorité moindre car exécuter rapidement de petites tâches libère de la dopamine, une hormone agréable, dans notre cerveau. Ce phénomène nous rend dépendants des e-mails et compromet notre concentration. Au lieu de cela, appliquez la pleine conscience quand vous ouvrez votre boîte de réception. Focalisez-vous sur ce qui est important et restez lucide sur ce qui n’est rien d’autre que des interférences. Pour mieux commencer la journée, évitez de consulter vos e-mails dès votre réveil. Vous éviterez ainsi un déferlement de distractions et de problèmes à gérer à court terme, à ce moment de la journée qui présente un potentiel considérable de concentration et de créativité.

Apprenez à garder le silence

Alors que la journée commence et avec elle ses inévitables réunions à la chaîne, la pleine conscience peut vous aider à animer des rencontres plus courtes et plus efficaces. Pour ne pas entrer dans une réunion avec l’esprit ailleurs, prenez deux minutes en cours de route pour pratiquer la pleine conscience. Encore mieux, gardez le silence durant les deux premières minutes de la réunion, permettant ainsi à chacun d’arriver physiquement et mentalement. Ensuite, dans la mesure du possible, levez la séance cinq minutes avant l’heure afin de laisser à tous les participants une période de transition « consciente » avant leur prochain rendez-vous.

A mesure que les heures s’écoulent et que votre cerveau donne les premiers signes de fatigue, la pleine conscience peut vous aider à rester vigilant et ne pas prendre les mauvaises décisions. Après le déjeuner, programmez la minuterie de votre téléphone pour qu’il sonne à chaque heure. Cessez toute activité et pratiquez pendant une minute la pleine conscience. Ces pauses délibérées vous éviteront d’avoir recours au pilotage automatique et de tomber dans l’addiction à l’action.

Enfin, lorsque la journée s’achève et que vous regagnez votre domicile, faites appel à la pleine conscience. Pendant au moins dix minutes durant le trajet, éteignez votre téléphone, fermez la radio et concentrez-vous sur vous-même. Evacuez toutes les pensées qui surgissent. Soyez à l’écoute de votre respiration. Vous vous débarrasserez ainsi du stress de la journée de manière à être pleinement présent avec votre famille lorsque vous rentrez chez vous.

La pleine conscience ne consiste pas à vivre au ralenti. Il s’agit d’accroître ses capacités de concentration et sa lucidité au travail comme dans la vie. Il s’agit aussi d’écarter les distractions et de ne pas perdre de vue ses objectifs à la fois personnels et organisationnels. Prenez le contrôle de votre pleine conscience : testez ces conseils pendant deux semaines et voyez ce qu’ils vous apportent.

Article de Jacqueline Carter et Rasmus Hougaard paru le 7/3/2018 sur le site de la Harvard Business Review France

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Comment les personnes intelligentes sabotent leur propre succès

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Mark a toujours fait partie des enfants les plus brillants de sa classe et, à présent, il mène une belle carrière. Cependant, quand il regarde Facebook, un constat s’impose : des individus qu’il surpassait à l’école ont mieux réussi que lui. De même, certains de ses collègues de bureau lui sont passés devant. Ce qui l’amène à se demander : « qu’est-ce que je fais de travers ? ». Cette anecdote vous rappelle quelque chose ? Peut-être vous sentez-vous proche de Mark ou que l’un de vos subordonnés ou un être cher est aux prises avec les mêmes sentiments.

Indiscutablement, l’intelligence pure est un atout considérable, mais cela ne suffit pas. Parfois, lorsque des esprits brillants ne réussissent pas aussi bien qu’ils le souhaiteraient, c’est tout simplement parce qu’eux-mêmes, de manière inconsciente, se mettent des bâtons dans les roues. Si c’est votre cas, la bonne nouvelle c’est qu’une fois que vous aurez identifié vos faiblesses, vous pourrez les corriger. En voici cinq qui tendent à affecter plus particulièrement les gens doués :

1. Les individus intelligents ont tendance à sous-évaluer certaines compétences telles que la capacité à nouer des liens avec autrui et surinvestissent tout ce qui a trait à l’intellect. Considérant parfois que le succès ne peut qu’être au rendez-vous compte tenu de leurs capacités intellectuelles, les gens brillants mésestiment l’importance d’autres aptitudes. Par exemple, un individu peu à l’aise avec la diplomatie de bureau sera enclin à la juger déplaisante plutôt qu’à la considérer comme un art indispensable à maîtriser au vu de la fonction qu’il occupe. De la même façon, il estimera que si une secrétaire se doit d’être aimable, un dirigeant, lui, peut s’en passer. La personne ne consacrera donc ni temps ni effort à développer ces compétences.

Ces observations ne sortent pas de nulle part. La plupart des gens ont une tendance naturelle à vouloir capitaliser sur leurs forces et, inversement, préfèrent éviter de se pencher sur leurs points faibles. Ainsi, typiquement, les enfants brillants s’entendent répéter, depuis qu’ils sont tout petits, que leur intelligence est un atout de taille. Alors qu’ils grandissent, on leur martèle qu’ils sont doués et, durant leur scolarité, ils constatent eux-mêmes qu’ils réussissent mieux que les autres sans beaucoup d’efforts. On comprend donc aisément pourquoi, une fois adultes, ils continuent à se focaliser sur leurs capacités intellectuelles.

Mais dans la plupart des entreprises, il faut plus que de l’intelligente brute pour progresser. Et en se concentrant uniquement sur sa plus grande force tout en oubliant de remédier à ses faiblesses, on se met soi-même des bâtons dans les roues.

Solution : appuyez-vous sur vos forces pour surmonter vos faiblesses. Si vous apprenez facilement, donnez-vous comme objectif de maîtriser ces compétences qui ne vous sont pas naturelles. Pas besoin de changer de personnalité, un plan d’attaque et une attitude authentiquement constructive suffiront. Par exemple, identifiez trois comportements relevant de la diplomatie de bureau qui vous aideront à avoir davantage de succès dans ce domaine.

2. Le travail en équipe peut se révéler très frustrant pour les individus brillants. Quelqu’un qui saisit vite des concepts et place la barre haut en ce qui concerne ses propres performances peut avoir du mal à collaborer avec des gens un peu moins affûtés que lui. Si, de surcroît, la personne s’est sentie freinée à l’école parce qu’elle était entourée d’élèves moins brillants qu’elle, avoir à travailler en équipe peut rapidement s’avérer frustrant – en lui remettant en mémoire ce qu’elle ressentait quand, immanquablement, elle se retrouvait à produire la majeure partie des travaux de groupe où quand elle se faisait réprimander en classe parce que, morte d’ennui, elle rêvassait. Les gens qui ont subi de telles blessures dans leur enfance auront tendance à surréagir lorsque celles-ci sont réactivées durant leur vie d’adulte.

Les individus intelligents ont également parfois du mal à déléguer parce qu’ils ont l’impression qu’eux-mêmes s’y prendraient mieux que leur subordonné ou leur collègue (que ce soit vrai ou non). Le penchant sera d’autant plus exacerbé que l’on sera perfectionniste.

Solution : ayez de l’indulgence pour ce que vous ressentez et prenez conscience de l’origine de vos sentiments tout en vous efforçant d’apprécier ce que d’autres peuvent apporter à l’équipe.

3. Souvent, les gens futés lient étroitement l’estime qu’ils se portent à eux-mêmes à l’intelligence, ce qui peut diminuer leur résilience et les amener à éviter certaines situations. Si c’est le cas pour vous, il peut être très difficile de vous retrouver dans des situations qui mettront à jour une faiblesse dans votre carapace, comme quand vous devez travailler avec des gens encore plus malins ou talentueux que vous, ou quand vous êtes critiqué ou que vous échouez après avoir pris un risque. Toute situation qui vous conduira à douter de votre intelligence sera perçue comme menaçante. Sauf qu’en agissant ainsi, vous vous empêchez de progresser.

Solution : posez un regard objectif sur les avantages d’avoir à collaborer avec des individus qui, à certains égards, sont plus intelligents que vous. Vous ne pourrez que vous réjouir de vous retrouver dans cette situation. Car souvenez-vous : le fer aiguise le fer. Développez des relations avec des individus que vous jugez capables de vous donner un feedback constructif. Plus vous vous habituerez à ce que des gens qui croient en votre talent et en vos capacités vous soumettent des critiques constructives, plus cela deviendra facile.

4. Les individus intelligents s’ennuient vite. Etre futé ne veut pas dire être curieux, mais si vous possédez ces deux qualités, il y a fort à parier que vous vous lassez rapidement d’avoir à répéter sans cesse les mêmes choses. Si dans certains cas le succès découle de la créativité, dans d’autres il est lié à l’expertise, à la maîtrise d’un sujet connu sur le bout des doigts. Si vous êtes intelligent, curieux et que vous aimez apprendre, vous avez sans doute constaté qu’une fois que vous avez cerné un sujet, il cesse de vous intéresser. Plutôt que de mettre un projet ou une idée en œuvre, ce qui vous ennuie, vous préférez apprendre sans arrêt de nouvelles choses, ce qui peut se révéler moins lucratif que de trouver une niche et de répéter sans cesse la même formule.

Solution : Essayez de prendre de la hauteur pour pouvoir déterminer la part d’ennui qui vaut la peine d’être tolérée en échange de victoires faciles qui contribueront à votre succès global. Au lieu de tenter de changer de façon radicale, choisissez de courtes plages d’ennui (de quelques minutes à quelques heures) qui peuvent avoir un effet bénéfique sur votre succès. Par exemple, consacrez cinq heures par semaine à une activité monotone, mais lucrative. A côté de cela, assurez-vous que les différents domaines de votre vie, qu’il s’agisse de votre vie professionnelle, de vos hobbies, de votre forme physique, de la connaissance de vous-même, etc., vous permettront d’étancher votre soif d’apprentissage.

5. Parfois, les gens intelligents pensent que réfléchir en profondeur à un problème est une panacée. Les individus brillants ont l’habitude de réussir en se servant de leur capacité de raisonnement, mais il peut leur arriver de ne pas voir qu’une approche alternative pourrait être bénéfique. Par exemple, une personne intelligente peut aborder toute situation en tentant d’y réfléchir à fond (en passant un temps considérable à faire des recherches en amont de toute décision ou en analysant sans fin les raisons d’un échec) alors que d’autres approches se révéleraient plus pertinentes.

Solution : Prenez note du moment où la réflexion devient une obsession malsaine. Envisagez d’autres stratégies plus susceptibles de réussir. Faites des pauses pour vous sortir de l’ornière et donnez-vous la possibilité d’apprendre en agissant plutôt qu’en faisant des recherches approfondies préalables. Ajoutez des cordes à votre arc qui vous permettront de mieux comprendre différentes situations. Ca vous évitera de subir la loi de l’instrument selon laquelle « si tout ce que vous avez est un marteau, tout ressemble à un clou ». Enfin, chaque fois que vous vous surprendrez à ressasser des pensées négatives, coupez-y court en vous consacrant pendant quelques minutes à une activité prenante (à un puzzle, par exemple). Cela peut se révéler une stratégie des plus efficaces pour se sortir d’une rumination délétère.

De laquelle de ces attitudes vous sentez-vous le plus proche ? Essayez de les classer par ordre d’importance. Avez-vous des collègues ou d’autres personnes de votre entourage qui semblent tomber dans ces travers ? Efforcez-vous de vous défaire de tout sentiment de honte et de ne pas juger, cela ne vous aidera pas à vaincre ces mauvaises habitudes. Pour chacune de ces tendances qui résonnent en vous, sachez que même des habitudes psychologiques profondément enracinées peuvent être éradiquées en mettant en œuvre l’approche ciblée, concrète et axée sur la résolution de problèmes exposée dans cet article.

Un article de Alicia Boyes paru le sur le site de la Harvard Business Review France

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Grimper dans la hiérarchie fait baisser l’empathie

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J’ai été amenée, en 2014, à travailler avec un cadre supérieur – appelons-le Steve. Son patron avait eu vent que Steve usait de ses nouvelles fonctions de manière déplacée. Selon lui, Steve avait développé une façon subtile d’avoir toujours raison lors des réunions, un procédé qui vidait la salle de tout son oxygène. Plus personne ne s’aventurait à proposer des idées une fois que Steve avait donné son point de vue. Depuis sa promotion, Steve avait abandonné son esprit d’équipe et se positionnait davantage comme un supérieur hiérarchique sachant mieux que tout le monde. Bref, il avait perdu toute empathie.

Pourquoi ce changement de comportement est-il si fréquent chez les personnes nouvellement promues managers ? Les travaux de recherche montrent que le pouvoir contrarie notre disposition à l’empathie. Dacher Keltner, auteur et spécialiste en psychologie sociale à Berkeley (université de Californie), a mené des études montrant que les personnes en position de pouvoir souffraient d’un déficit d’empathie et d’une moindre capacité à lire les émotions et à adapter leur comportement aux autres (lire aussi l’article : « Ne laissez pas le pouvoir vous corrompre »). De fait, le pouvoir peut véritablement modifier le fonctionnement du cerveau, nous apprennent les travaux de Sukhvinder Obhi, spécialiste des neurosciences à l’université Wilfrid-Laurier (Ontario, Canada).

Une mauvaise pratique du self-management

Les échecs les plus fréquents auxquels sont confrontés les leaders ne concernent pas d’éventuels détournements de fonds, fraudes ou scandales sexuels. Il est plus courant de voir échouer ces dirigeants à cause de leur mauvaise pratique du self-management au quotidien – et d’un usage du pouvoir motivé par l’ego et l’intérêt personnel. Comment cela se produit-il ? Les débuts sont timides, puis tout se précipite. On observe tout d’abord des choix mineurs effectués sans discernement, peut-être de manière inconsciente. Cela peut aussi se traduire par une façon feutrée de s’imposer : exiger un traitement spécial, prendre des décisions et parvenir à ses fins sans consulter les autres. Les leaders appréhendés par la police pour excès de vitesse ou conduite en état d’ébriété s’indignent et vocifèrent : « Vous savez à qui vous avez affaire ? » La scène se retrouve soudainement sur les réseaux sociaux, et l’idée que nous nous faisions d’une personnalité admirée jusqu’alors change radicalement.

Cela renvoie à un problème plus large de pouvoir et de notoriété. Comment des personnes parties à la poursuite d’un rêve en viennent-elles à se magnifier ? Après avoir fait bénéficier autrui de leur générosité, elles rencontrent un goulet d’étranglement qui les amène à user de leur pouvoir pour leur propre bénéfice. Prenons le cas de Patrick Cannon, ancien maire de la ville de Charlotte (Caroline du Nord). Parti de rien, il a surmonté la pauvreté et, à l’âge de 5 ans, la perte tragique de son père. Diplômé de l’université d’Etat de Caroline du Nord, il intègre la fonction publique à 26 ans et devient le plus jeune membre du conseil municipal de l’histoire de Charlotte. Réputé pour son dévouement total à ses administrés, il était aussi un modèle pour la jeunesse.

Mais en 2014, à l’âge de 47 ans, il plaida coupable d’avoir accepté 50 000 dollars de pots-de-vin dans le cadre de ses fonctions. En entrant dans le palais de justice, il trébucha et tomba. Les médias ne manquèrent rien de sa chute, qui symbolisait avant tout la faillite d’un élu et d’un petit entrepreneur, exemple vivant d’une réussite triomphant de nombreux obstacles. Patrick Cannon a aujourd’hui le triste privilège d’être le premier maire de l’histoire de la ville à avoir séjourné en prison. Ceux qui le connaissent disent de lui que c’était un homme bon, mais trop humain, et que c’est en s’isolant dans son pouvoir décisionnel qu’il devint vulnérable. Alors qu’un pasteur local le défendait en arguant qu’on ne devait pas le juger sur cette seule erreur, c’est précisément cette faiblesse que l’on retint contre lui : ce dérapage pathétique de l’humilité et de la générosité vers la corruption. L’image que l’on retient de Patrick Cannon est désormais celle où il trébuche à son arrivée au palais de justice.

Solliciter le feed-back d’un large éventail de personnes

Que devez-vous faire si, en tant que leader, vous craignez de franchir la ligne qui sépare le pouvoir de l’abus de pouvoir ? Tout d’abord, acceptez de travailler avec d’autres personnes, soyez prêt à vous mettre en position de vulnérabilité et sollicitez des avis. Un bon spécialiste en coaching exécutif pourra aussi vous aider à retrouver une attitude empathique et à prendre des décisions fondées sur des valeurs (lire aussi la chronique : « Devenez des leaders altruistes et empathiques »). Toutefois, veillez à solliciter le feed-back d’un large éventail de personnes. Evitez les questions faciles (« Est-ce que je me débrouille bien ? ») et posez les questions délicates (« Que pensent mes employés de mon style de management et de ma vision d’ensemble ? »).

A titre préventif, faites un travail sur vous-même et osez un inventaire personnel. Voici quelques questions importantes à vous poser :

1. Disposez-vous d’un réseau composé d’amis, de membres de votre famille et de collègues qui tiennent à vous, indépendamment de votre fonction, et qui vous aideront à garder les pieds sur terre ?

2. Avez-vous un spécialiste du coaching exécutif, un mentor ou une personne de confiance à qui parler ? Quels ont été leurs retours lorsque vous n’avez pas joint les actes à la parole ?

3. Exigez-vous certains privilèges ?

4. Honorez-vous certaines promesses gênantes qui n’ont pas été mises en lumière ?

5. Invitez-vous les autres à se mettre en avant ?

6. Vous isolez-vous lors du processus décisionnel ? Vos décisions reflètent-elles vos valeurs profondes ?

7. Reconnaissez-vous vos erreurs ?

8. Etes-vous fidèle à vous-même dans le cadre du travail, en famille et sous les projecteurs ?

9. Pensez-vous qu’il peut exister des exceptions ou des règles différentes pour des personnes telles que vous ?

Si un leader gagne notre confiance, nous attendons de lui qu’il respecte des normes non négociables. Ne pas respecter la parole donnée ou de se laisser aller à un abus de pouvoir est inadmissible. Nous attendons tous des dirigeants qu’ils soient hautement compétents, visionnaires et doués pour le leadership. Cependant, l’empathie, la sincérité et la générosité sont les qualités qui marquent la différence entre la compétence et la grandeur. Les leaders les plus lucides identifient les signaux indiquant l’abus de pouvoir et changent de cap avant qu’il ne soit trop tard.

Un article de Lou Salomon paru sur le site de la Harvard Business Review France

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Dans la Bibliothèque : Le travail inspiré de Pierre d’Elbée

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@Le patio

RÉFLEXION – Pierre d’Elbée, philosophe et fondateur d’un cabinet de conseil, vient de publier « Le travail inspiré », dans lequel il explore le sens du travail. LCI est allé l’écouter lors d’une conférence qui a fait le plein et où il a proposé sept mots pour s’initier au sujet. Un billet de Sibylle Laurent trouvé sur lci.fr

« Comment donner ou redonner du sens à son travail : est-ce un Graal inaccessible ? » Le sujet doit intéresser : le Patio, lieu de coworking parisien qui organisait la conférence il y a quelques jours dans le 16e arrondissement, a croulé sous les inscriptions. Au pupitre, Pierre d’Elbée, docteur en philosophie, auteur du livre « Le travail inspiré » et  fondateur d’Iphae, cabinet de conseil. 

Nous sommes allés l’écouter. Pierre d’Elbée ne livre pas de recette toute faite. Mais à travers l’exploration de mots, par le cheminement de la pensée, il veut nous aider à réfléchir. Morceaux choisis de la conférence, en sept mots.

> Réussir

« On oppose souvent réussite pro et perso. Je n’aime pas cette idée de distinguer les deux, avec l’idée que l’une se fait toujours au détriment de l’autre. Alors, qu’est-ce qu’une vie réussie ? Ariana Hufftington, une femme éditorialiste américaine (ndlr : et fondatrice du Hufftington Post), qui colle bien aux stéréotypes d’entreprise, avait essayé de définir des critères. Pour elle, c’était l’argent et le pouvoir. Puis elle a fait un burn-out. Elle s’est effondrée et s’est reposée la question. Elle a alors distingué un troisième pilier : le bien-être ou plutôt la sagesse, le fait de se recentrer sur ce qui est important pour soi. Elle parle aussi de l’émerveillement, du fait de garder en soi le regard de l’enfant. J’ajouterais un quatrième pilier : le don. Il s’agit de trouver dans son activité une certaine part de gratuité, qui va parler à son intériorité. Réussir, c’est pouvoir, à travers son travail, faire quelque chose qui parle au fond de soi. »

> Objectifs

« Lorsqu’on ouvre un dictionnaire, le premier sens d' »objectif » est un sens militaire. Cela nous place dans une situation où j’ai un adversaire. Je me fixe un point, que j’attaque ou je défends. Un objectif, c’est quelque chose qui est concret, ponctuel, extérieur. C’est une différence avec le mot « finalité ». La finalité, c’est notre raison d’être, ce n’est pas du tout la même chose qu’une cible que l’on poursuit. Il faut réfléchir sur la finalité, sur ce qui nous anime, car nous sommes parfois trop portés sur les objectifs. »

> Acteur

« Il faut être acteur de notre vie. Acteur, c’est l’inverse de spectateur. Cela a l’air simple d’être acteur. Mais cela ne l’est pas. En fait, nous subissons beaucoup de choses et prenons très peu de décisions. Nous sommes plus « réactif » que réellement « actif », nous nous laissons déborder par la vie. Et à certain moment, par exemple dans une overdose de travail, nous n’avons plus la distance qui nous permet d’avoir le sentiment de décider. Nous perdons alors le sentiment de notre propre vie. 

C’est très important de revenir au « souci de soi », comme l’appelait Michel Foucault. Être acteur, c’est avoir une certaine distance de ce que l’on fait.  Parfois, plus on a de choses à faire, plus il faut prendre son temps pour soi afin de créer une sorte de bouclier psychique. Sinon, on risque de se perdre. »

> Confiance

« Pour prendre des décisions, il faut être en confiance avec l’autre. Mais cette confiance, pourtant indispensable, est une alchimie interpersonnelle difficile à créer. Comment faire ? Tout d’abord, il faut de la bienveillance, ne pas avoir de préjugés négatifs ou en tout cas être capable de les enlever pour s’ouvrir à l’autre. Mais n’être que dans la bienveillance -la « stratégie de l’ange »-, être incapable de dire stop, peut aussi être dangereux lorsque l’on tombe sur un requin car il en profite. Pour créer un sentiment de confiance, il faut donc, aussi, être capable de s’opposer. Enfin, il faut une capacité d’indulgence, une capacité de remettre les compteurs à zéro lors de conflits ou d’oppositions, ne pas rester dans la rancune. L’acceptation du changement en entreprise en est un exemple au quotidien.

> Sérendipité

« C’est maintenant un mot bien connu en entreprise : l’exploitation positive de circonstances inattendues et défavorables. Par exemple, vous tombez en panne, sur une route déserte. Une seule personne s’arrête, vous emmène, vous discutez et passez un très bon moment et allez devenir très amis. Cela fonctionne à la condition d’avoir un regard qui ne soit pas dans le constat de l’échec. Il faut pour cela garder une disponibilité en soi. 

Cela amène à une autre question : comment se renouveler ? Par la force de son regard. On ne change pas la situation, mais on change son propre regard. Cela suppose qu’au moment où vous prenez cette décision, vous changez votre regard sur ce que vous faites et votre rapport au travail. Cela passe aussi par le fait de remettre en cause les limites que l’on se met dans son activité. Nous avons une part de liberté plus grande que celle que nous nous autorisons à avoir. »

> Motivation

« La motivation, c’est l’énergie de nos désirs qui se porte vers quelque chose ou quelqu’un. Mais je préfère le terme de « sens ». Le manager doit permettre à ses collaborateurs de trouver un sens à ce qu’ils font, plutôt que de la motivation. Et le sens, c’est d’abord un geste. Ce geste débouche alors sur une œuvre dont il est important de voir le résultat, le produit fini. C’est cela qui apporte du sens. Car si je fais un geste, mais qu’il n’a pas d’utilité sociale ou que je ne la perçois pas, je me demande en effet à quoi sert ce que je fais. Il y a des métiers où c’est plus ou moins caché. »

> Méditer

« C’est à la mode. L’idée de la méditation, c’est le fait d’avoir une déambulation intérieure lente sur des fondamentaux. D’aller au cœur du  cyclone, là où cela ne bouge pas. Je pense que nous avons besoin de cette méditation, car nous sommes saturés de volontarisme, de rationalisme, de quête de résultats, et c’est desséchant. A l’inverse, le remède se trouve  dans le fait de prendre du temps pour être bien avec soi. »

Le travail inspiré, courtes méditations sous forme d’un abécédaire, de Pierre d’Elbée, aux éditions L’Harmattan

Dans la Bibliothèque : Liberté & Cie. de Isaac Getz et Brian M. Carney

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Liberté & Cie : Quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises par GetzLaisser prospérer l’entreprise

par Vanina Gallo |

Et si le but d’une entreprise était avant tout de contribuer à une vision porteuse de sens qui stimule et développe le potentiel des hommes qui y travaillent ? Et si de ce profit humain affluaient les commandes et coulait l’argent ?… Car au niveau individuel comme collectif, quand les besoins essentiels sont nourris, ceux de croissance et de prospérité le sont aussi. De la même façon que je contribue au plan personnel à libérer l’être humain de ses enfermements mentaux, il me semble vital aujourd’hui de déployer la vision d’une entreprise qui soutient activement les hommes et leur développement pour y laisser prospérer talents et croissance financière.

LA LIBÉRATION DES ENTREPRISES

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Un nouveau terme a émergé, celui d’entreprise libérée. “Quel beau mot !”, s’écrie une femme à qui je montre le livre que je dévore actuellement : Liberté & Cie, de Isaac Getz et Brian M. Carney. Une entreprise libérée est un lieu de travail qui mise sur la motivation intrinsèque et la responsabilité : elle laisse les employés libres de choisir leur mission et de décider des moyens pour accomplir les défis professionnels auxquels ils ont adhéré. Dans cet espace, la culture d’entreprise libère l’initiative de l’ensemble du personnel pour lui permettre de répondre au mieux à la vision partagée. Concrètement, pas d’organigramme, ni de titre précis, des employés tous nommés associés sur leur carte de visite : on ne se cantonne pas à une fonction, chacun est libre d’évoluer et d’agir en fonction des nécessités inhérentes à la mission. La libération de l’entreprise passe aussi par la suppression des privilèges et des symboles de pouvoir, ainsi que l’élimination des postes intermédiaires devenus inutiles. Ce modèle de libération est loin d’être récent : certaines entreprises libérées sont nées dans les années 50 et leur point commun est de fructifier, ceci dans des industries très variées.

PASSER DU DÉSENGAGEMENT À L’ENGAGEMENT ACTIF

Selon une étude récente, 89 % des salariés sont désengagés dans les entreprises classiques (dont 28 % activement), seuls 11 % s’y rendent le cœur léger. Un canoë qui aurait dix personnes à son bord, dont une qui rame activement, six qui font semblant et trois qui rament à contre-sens, ne peut que reculer. Pour alimenter une machine qui fait marche arrière ou tourne en rond comme un hamster dans sa cage, le prix à payer est humain. Le modèle des entreprises libérées renverse la vapeur et apparaît comme le sésame d’un nouvel eldorado entrepreneurial. Il répond à l’aspiration profonde de nombreux salariés de libérer leur potentiel et leur créativité dans un système qui les étouffe par le contrôle et la complexité, alors que la demande d’innovation et d’agilité est devenue une nécessité. Le travail répond désormais à un nouvel équilibre pour mettre le sens et la plaisir au cœur de l’entreprise, par l’autonomie, la maîtrise et la raison d’être, car la logique d’un fonctionnement mécanique ne correspond plus au monde dans lequel nous évoluons.

LES FONDEMENTS D’UNE ENTREPRISE LIBÉRÉE

Une entreprise libérée ne se décrète pas comme ça. Maintenant que le modèle a été labellisé, il va donner envie et apparaître sur diverses vitrines par effet de mode. Or ce modèle fonctionne sur un socle bien déterminé et sans demi-mesure, ayant comme principe de base : “l’homme est bon et, dans les conditions adéquates, il donnera le meilleur de lui-même”. Ce socle repose sur 4 piliers :

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1. Écouter au lieu de parler. Puis traiter tous les salariés en égaux et supprimer tous les symboles et privilèges qui empêchent d’entretenir un sentiment d’égalité intrinsèque.
2. Partager ouvertement et activement sa vision de l’entreprise simple et claire pour que les employés se l’approprient. Seulement après l’étape 1, car les salariés doivent être traités en égaux pour pouvoir s’y intéresser.
3. Ne pas chercher à motiver les salariés.* Il convient plutôt de mettre en place un environnement propice à l’auto-motivation.
4. Rester absolument vigilant et implacable pour préserver la liberté et la culture de l’entreprise : exit le deux poids, deux mesures.

*Les techniques de motivation ne sont effectives que pour des tâches automatiques. Dans le cadre de réalisations demandant un minimum d’implication cognitive, elles deviennent absolument contre-productives comme le démontre Dan Pink dans sa passionnante conférence à visionner ici.

OUBLIEZ LES RÈGLES !

“La libération du lieu de travail commence par la débureaucratisation et la réhumanisation des relations, qui doivent reposer sur l’équité humaine et sur un traitement égal, afin que les salariés aient le sentiment d’être des êtres humains et non des ressources humaines”, lit-on dans Liberté & Cie. Ce cadre qui permet l’auto-motivation demande un grand courage car il implique de changer de paradigme et de concevoir un système fondé sur la confiance.

Voici un des exemples croustillants dont je parsème mon article pour donner corps à cette libération entrepreneuriale. Ces exemples reflètent certains propos que je croque lors des facilitations graphiques : ils sont vivants, stimulants et engageants. Le manifeste de Lisa Joronen, lorsqu’elle reprend l’entreprise familiale SOL, encourage les salariés à redresser la tête et à faire leur travail avec fierté : Nous modifierons la conception des emplois pour qu’elle s’accorde mieux avec les talents de chacun. Chacun aura à accomplir plus d’une tâche, même s’il n’a pas les qualifications officielles pour en accomplir certaines (polyvalence de l’emploi). Nous renoncerons à la structure hiérarchique actuelle par départements et nous la remplacerons par des projets. Il y aura des leaders de projet pour les coordonner, des gourous pour veiller à ce que le niveau professionnel soit correct dans tout ce que nous ferons, et des mentors pour soutenir chaque salarié afin qu’il fasse de son mieux. Tous les titres actuels disparaîtront. 95 % de la paperasserie devra également disparaître. Nous mettrons en place un réseau informatique de pointe qui permettra à chacun d’entre nous de choisir librement où travailler tel ou tel jour. Nous encouragerons le dialogue oral et éviterons de nous adresser des notes de service par e-mail. C’est plus sympa de se parler. Nous créerons un lieu de travail ouvert et stimulant sans cloisons ni séparations. Il y aura des plantes et des arbres dans des caisses à roulettes, cinq cents ou mille, que nous déplacerons quand nous passerons d’un projet à un autre. Nous créerons le lieu de travail le plus exaltant et le plus créatif du pays. Il ne ressemblera pas du tout à un siège de société ordinaire. Il faudra que nous comprenions tous non seulement ce que nous faisons, mais aussi comment ce que nous faisons s’intègre dans la vision d’ensemble. Si tout le monde sait cela, nous aurons besoin de moins de direction et de contrôle conventionnels. Cela nous permettra de consacrer plus de temps à des tâches utiles aux clients. En résumé : nous ferons tous davantage ce que nous aimons faire et ce que nous savons faire. Nous nous débarrasserons de toutes les barrières et nous travaillerons comme une grande équipe. Cela nous rendra plus précieux, ce qui justifiera en retour un salaire plus élevé.

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La réhumanisation passe donc par lâcher le command & control. Oubliez les règles, process et manuels du comment faire, qui figent, complexifient et contraignent, pour privilégiez les contacts directs et les arrangements informels. La plupart des règles sapent le moral, mettent des bâtons dans les roues et finissent par devenir tellement oppressantes qu’il faut les contourner à grands frais pour faire du bon travail. Dans l’absurdité kafkaïenne que préfigurent certains environnements professionnels, obtenir une autorisation requise, conserver une trace écrite des discussions en interne, suivre la règle finit par prendre plus d’importance que le pourquoi du comment. Ainsi telle entreprise laisse son magasin de pièces détachées ouvert et libre d’accès aux employés. Ou tel boulanger décide de laisser ses pains à la disposition des clients sans contrôle pendant qu’il jardine ou fait de la musique (un magnifique exemple de cohérence interne à découvrir ici).

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Dans “Au-delà du management : comment empêcher les entreprises d’étouffer les gens et de bloquer les profits”, Robert Townsend (Avis) distribue aphorismes et conseils, classés par ordre alphabétique, pour le plus grand plaisir du lecteur inspiré :
C – Crépuscule des dieux : Aucun directeur général ne devrait rester plus de cinq ou six ans en fonction dans la même société
M – Manuels d’entreprise : Ne vous mettez pas martel en tête. S’ils sont d’ordre général, ils sont inutiles. S’ils sont spécifiques… ce sont des manuels du type “comment faire telle chose”, coûteux à préparer et à réviser. Les seules personnes qui lisent les manuels d’entreprise sont les tire-au-flanc et les gardes-chiourme.
O – Obésité : Soyez attentifs aux variations de poids de vos collaborateurs. L’embonpoint, dans la plupart des cas, naît de la frustration. Supprimez la cause et l’effet disparaîtra.
Être un leader inspirant passe aussi par une bonne dose d’humour, de simplicité et d’humilité.

“COMMENT” OU “POURQUOI”, THAT IS THE QUESTION

Il existe deux sortes d’entreprises : les entreprises Comment, où l’on vous dit comment travailler, et les entreprises Pourquoi, où l’on vous dit pourquoi vous travaillez (en donnant le sens de l’effort).

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S’il est un argument qui peut motiver à la transformation d’une entreprise classique ou Comment en entreprise Pourquoi, ce sont les coûts cachés considérables que représentent : le gaspillage des talents et de l’énergie humaine, la non-qualité et l’inefficacité rampante dues au désengagement, les nombreuses opportunités et bénéfices manqués, le mécontentement des clients… Voilà qui constitue le tribut réel que les structures existantes paient en réalité. Cette formule d’échec se bâtit sur la volonté de contrôler et manager les 3 % qui contournent inlassablement règles et contrôles. Ce cercle vicieux renforce aussi le désengagement des 97 % de salariés désireux de collaborer.

“POURQUOI” OU LA DÉFINITION D’UNE VISION CLAIRE ET SIMPLE QUI MOBILISE ET RASSEMBLE

Le changement doit venir d’en haut : les leaders ont besoin d’adopter une attitude beaucoup plus détendue pour détendre également leurs collaborateurs. “Le tout premier programme que nous avons mis en place a été la modification de mon comportement”, explique un dirigeant.

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Une liberté ordonnée se concrétise par une forme d’organisation où l’autodiscipline joue un rôle essentiel, concentrée autour d’une vision commune qui parle d’elle-même : “satisfaire à tout prix le client”, “intervenir en une heure maxi”, “produire le meilleur vin humainement possible”… Des mots simples, clairs, précis et sans chichis qu’il est nécessaire de communiquer inlassablement et généreusement. Fournir constamment à ses salariés des informations nouvelles sur la vision de l’entreprise est un des rôles clés du leader car cette vision n’a rien de statique : les technologies, l’environnement professionnel et le monde en perpétuel changement rendent la cible mouvante.

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Cette vision sur laquelle le salarié doit s’appuyer se défend sans demi-mesure : “Bienvenue à Vertex. Vous êtes libres de partir.” Pour s’assurer que ses salariés restent parce qu’ils partagent la vision de l’entreprise, ce dirigeant préfère payer les éventuels opportunistes pour qu’ils aillent voir ailleurs. Ou bien quand Jean-François Zobrist dit aux salariés de FAVI que leur seule mission est de satisfaire la clientèle, il le prouve en renonçant à mesurer tout le reste et en inscrivant sur la porte d’entrée son “amour du client” en lettres dorées. Tout est affaire de cohérence et de confiance, sans tromperie ni détours.

MISER SUR L’ENGAGEMENT

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Plutôt qu’un emploi, proposer un engagement librement consenti. Un engagement est plus fluide et s’adapte au contexte changeant, à la charge de travail et à l’envie de se lancer dans de nouveaux projets. Chez Gore, les “associés” sont invités à trouver leur “sweet spot”: le point de rencontre entre leurs compétences, leurs intérêts et les besoins de l’entreprise. Un manager sans égo peut ainsi dire à son associé : “Je vous ai laissé faire des trucs idiots. Vous avez toute la liberté et tout le temps que vous voulez pour trouver à l’intérieur de l’entreprise une activité plus constructive, pour vous-même d’abord et ensuite pour le bien collectif.” Quant à Laurence Vanhee, qui a œuvré au sein du Ministère de la Sécurité Sociale belge, elle a commencé par changer son titre officiel de DRH en Chief Happiness Officer pour mieux poser son intention. Car, dit-elle,“RH ne signifie pas Ressources Humaines mais Rendre Heureux”.

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UN DIRIGEANT QUI EN FAIT LE MOINS POSSIBLE

– Comment motiver les gens ?
– On ne les motive pas. L’homme est motivé par nature. S’il ne l’est pas, c’est qu’il est mort.

La question qui importe est : “Comment mettre en place un environnement où les gens s’auto-motivent ?”. Les deux premières tâches d’un leader seront de construire un environnement d’entreprise dans lequel tous sont libres de prendre des décisions et de vérifier qu’ils comprennent la vision, se l’approprient et cherchent à la réaliser. Et d’éliminer les barrières qui leur interdisent d’accomplir un travail de la meilleure façon possible, par conséquent de supprimer des contraintes au lieu de les durcir. Se met en place un système de délégation à rebours : l’autorité part de la base et non du sommet. Les salariés de base délèguent à des niveaux supérieurs de la chaîne le pouvoir de prendre certaines décisions ou de réaliser certaines actions qui leur paraissent secondaires pour leur travail. Autrement dit, ce qui reste au PDG, ce sont les décisions et les tâches que personne n’a eu envie ou n’a été capable de prendre ou de faire.

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Une société qui cultive la liberté repose précisément sur l’idée qu’il ne faut pas dire aux employés ce qu’ils doivent faire, même si c’est ce qu’ils attendent. Ce comportement doit être initié au sommet, au niveau du directeur général ou du patron d’entité. À l’image du coach, le dirigeant est garant du cadre et se doit d’être à l’écoute de ses salariés et de satisfaire leurs besoins. Bob Davids (Sea Smoke Cellars) expose ainsi clairement sa philosophie et sa vision de l’entreprise : “Je n’ai pas les compétences qu’il faut pour faire du vin. Je vous donnerai les outils nécessaires et tout ce qu’il faut pour produire le meilleur vin que vous puissiez humainement produire… Tout ce dont vous aurez besoin. Comme ça, vous n’aurez aucune excuse pour venir me voir et me dire : J’aurais pu mieux faire, si seulement vous m’aviez permis de…”. Ce même Bob Davids n’hésite pas à écrire à ses salariés : “Je serai absent huit mois. Si vous avez le sentiment qu’il faut absolument me contacter, qu’il faut impérativement que je m’occupe de votre problème, je vous demande de vous allonger. Quand cette impression aura disparu, relevez-vous, réglez le problème et envoyez-moi un e-mail pour me faire connaître la solution.”

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“L’individu se développera pour devenir ce dont il est capable pourvu que nous créions les bonnes conditions de cette croissance.” Robert Townsend (Avis) précise ainsi cette approche agricole : “Fournissez le climat et les nutriments qu’il faut, et laissez les gens pousser tout seuls. Ils vous surprendront.” Si l’environnement est suffisamment nutritif, les gens trouveront seuls la motivation nécessaire pour participer aux efforts de transformation ou exécuter leurs activités quotidiennes.

LES TÂCHES DES ASSOCIÉS : RÉALISER LA VISION DE L’ENTREPRISE

Des salariés sont libres non seulement d’agir, mais de contester les grands virages stratégiques, à un moment où il est encore temps de s’engager sur une autre voie. Ainsi un manager renonce à un déménagement parce que ses salariés perdent en contact avec leur vraie clientèle et que le temps “perdu” à passer d’un bâtiment à l’autre se révélait en réalité récréatif (une façon de s’aérer) et donc profitait à la bonne disposition des salariés.

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Chez FAVI, sous la houlette de Jean-François Zobrist, les ouvriers sont organisés en équipes d’une vingtaine de personnes : ces mini-usines, en autodirection pour l’essentiel, se voient attribuer un client et un produit, ce qui lui permet de mieux connaître les besoins du client et de constater par elle-même s’il est satisfait. Les membres de l’équipe choisissent un leader parmi les candidats à cette fonction. Cette autogestion repose sur le fait que pour que les salariés respectent les procédures, ils doivent les choisir : les normes doivent être les leurs, pas celles du management ou des ingénieurs.

UNE CONCEPTION HOLISTIQUE DU TRAVAIL

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Les innovations de Lisa Joronen qui hérite de l’entreprise de ménage SOL tiennent compte de ses propres besoins et de ceux de ses salariés. En les habillant d’uniformes flashy voyants et en optant pour des horaires de jour au lieu du sempiternel travail de nuit dans cette profession, elle manifeste du respect pour un métier qui en est souvent cruellement privé. En œuvrant de jour, les salariés de SOL peuvent ainsi également surprendre des conversations concernant leurs services pour être toujours au plus près des besoins du client.

CE QUE L’ENTREPRISE FAIT À L’INTÉRIEUR S’ACHÈTE À L’EXTÉRIEUR

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Dans cette démarche de libération de l’entreprise, ce qui me passionne est la valeur donnée à la vision et au développement humain. Cette démarche ne peut être que l’aboutissement d’un attitude ou posture d’un leader qui ose et affirme son courage de mettre en place un tel cadre : il l’incarne et l’évolution de l’entreprise suivra sa propre évolution. Sans cette posture ou présence, toutes les bonnes intentions s’écroulent. Si les entreprises libérées sont de plus en plus citées en exemple, elles ne font pas forcément de nombreux émules car le changement doit commencer par celui du leader, c’est-à-dire soi-même. Un travail de longue haleine qui demande rigueur et vigilance. Cependant ce choix ouvre sur un chemin exaltant qui donne un sens à la vie d’une entreprise et que j’accompagne avec passion grâce au coaching et au dessin vivant. Une image dessinée répond à la clarté et à la simplicité, met en avant la cohérence entre la vision et les actions qui en découlent. J’aide ainsi les dirigeants et leaders à trouver leur place juste et à créer la réalité qui leur correspond intimement, un futur souhaitable et désirable dont nous sommes tous co-créateurs.

Pour continuer à creuser, voici un article intéressant, ainsi que le documentaire “Le bonheur au travail” diffusé par Arte et qui reprend certaines idées du livre.

Un article de Vanina Gallo repéré sur son site https://thejoyfulway.lu/

Attention : dépasser la dose prescrite en 2019 peut causer de sérieux « effets secondaires positifs »…

Blog

Par Eric Mellet, le 7 janvier 2019 |

N’AYONS PAS PEUR DES « MAUX »… LIRE CE BILLET EN CE MOIS DE JANVIER 2019 PEUT PEUT-ÊTRE VOUS SAUVER LA VIE !

En tous cas, et c’est bien sûr ce que je vous souhaite, vous la rendre plus heureuse !

C’est donc à haute DOSE…. (Dopamine, Ocytocyne, Sérotonine, Endorphine) que je vous prescris le protocole suivant…

Le mouvement de la Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable que constituent les nombreuses avancées en matière de Neurosciences. Celles-ci désignent l’étude scientifique du système nerveux et permettent de comprendre le fonctionnement cérébral à l’origine de nos pensées, émotions et comportements. Alors bien sûr, et comme s’accordent à le dire tous les chercheurs en la matière, nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre compréhension de l’affolante complexité que renferme approximativement les 100 milliards de neurones du cerveau de base de n’importe lequel de nos congénères.

La Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable des Neurosciences

La Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable des Neurosciences

Ainsi, que cela nous plaise ou non, nous avons bien tous le même « équipement cérébral » initial ! En ces temps d’invectives et d’intolérance assez bien partagées, cela donne bien sûr à réfléchir sur nos tendances à laisser notre égo alimenter un narcissisme galopant qui veut que l’autre (avec ou sans gilet), soit souvent plus stupide que nous… Cela étant dit, et c’est la première bonne nouvelle de l’année, nous pouvons guérir !  J’en veux pour preuve que sous la direction de Jean-François Marmion, un collectif de gens très sérieux (Antonio Damasio, Boris Cyrulnik, Daniel Kahneman et bien d’autres) l’affirme haut et fort dans l’ouvrage Psychologie de la Connerie : « un monde sans connards est possible ! »… je rajouterai en m’associant à ce grand projet pour 2019 :  « et chacun de nous peut y contribuer à son niveau ! »

Plus sérieusement, au-delà des conclusions hâtives et simplistes de certains magazines grand public, il est indispensable de s’intéresser aux découvertes en matière de neurosciences pour qui veut travailler à son épanouissement, voire même à s’épanouir au travail ! Vivre des émotions positives plus souvent et de façon plus intense est un bon marqueur de ce que le psychologue Ed Diener définit par la notion de  bien-être subjectif *, définition scientifique plus appropriée que la notion plus vague et relative de Bonheur.  Attention cependant, il n’est en aucun cas ici de renoncer aux bénéfices qu’il y a à vivre parfois des « émotions désagréables » (tristesse, colère, frustration…). Effectivement ce sont aussi des expériences de vie plus douloureuses qui lorsqu’elles sont bien intégrées nous rendent plus empathiques à l’égard des autres, résilients face aux épreuves de la vie et confiants dans notre capacité à relever les défis qui s’offrent à nous tant sur le plan personnel que professionnel.

LA CHIMIE DU CERVEAU POUR LES NULS

Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ».

Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ».

Nos émotions (agréables et désagréables) sont :

– à la fois le fruit et le résultat de l’activation de substances chimiques (hormones)

– produites par l’organisme (endogènes)

– stimulées (moins qu’on le pense) par notre capital génétique et (plus qu’on le pense) par nos comportements (activités physiques, sommeil, addictions…) et nos habitudes alimentaires.

– essentielles à l’équilibre de notre système hormonal, donc de notre santé physique et mentale.

Ainsi, face à chaque situation du quotidien, notre cerveau opère des réglages et active la sécrétion de diverses hormones. Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ». Si le fonctionnement hormonal est bien sûr d’une incroyable complexité, quatre hormones semblent jouer un rôle majeur dans notre ressenti de bien-être tant dans la sphère personnelle que professionnelle.

A LA RECHERCHE DE LA « BONNE DOSE » POUR SOI…

Dopamine (Joie et Action)

*Hormone du plaisir

Comment stimuler la dopamine ?
Comment stimuler la dopamine ?

Définition

La dopamine est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux. Elle influe directement sur le comportement en provoquant la sensation de plaisir par l’activation du système de récompense / renforcement.

Fonctions

  • favorise la sensation de plaisir et de relaxation
  • donne de l’énergie pour agir et faire face aux difficultés
  • régule la mémoire, la concentration, l’apprentissage, la prise de décisions, la motivation, la curiosité, l’attention et la créativité.

Pistes pour la stimuler

  • en général, être attentif à tout ce qui nous fait ressentir de la joie et ce qui nous rend plus intensément « vivant ». Il s’agit bien souvent de choses simples que l’on peut s’offrir (gratuitement) au quotidien : manger sain et équilibré, pratiquer régulièrement un exercice physique, dormir, méditer, caresser son animal de compagnie… On ne parle pas ici bien sûr de ce que procure les plaisirs artificiels (alcool, drogues diverses, sucres…) reconnaissables à leurs effets secondaires qui s’apparentent à une « descente » synonyme de souffrances physiques et psychologiques.
  • sur le plan professionnel, favoriser ce que le chercheur en Psychologie Positive au doux nom de Csíkszentmihályi a définit par ce qu’il nomme la sensation de flow. C’est à dire une tâche suffisamment difficile pour qu’elle mobilise toute notre attention et notre créativité mais en même temps suffisamment accessible pour qu’elle nous motive et satisfasse notre besoin d’atteindre l’objectif final. C’est que ce que les sportifs appellent « être dans la zone »  et c’est ce que l’on ressent lorsque l’on apprend à faire de nouvelles choses avec enthousiasme.

The Dopamine Song 

Ocytocine (Lien Social)

*hormone de l’amour

A deux c'est mieux
A deux c’est mieux

Définition

L’ocytocine est une hormone sécrétée par l’hypophyse, elle est à l’origine connue pour son rôle dans l’accouchement, l’allaitement, l’attachement mère-enfant. Plus récemment, la recherche a mis à jour son rôle majeur dans le lien social.

Fonctions

  • joue un rôle clé dans l’établissement et l’entretien de relations sociales positives
  • nourrit les sentiments d’intimité, de confiance et de loyauté qui facilitent en retour les interactions sociales et lescomportements de type altruiste
  • réduit la pression artérielle et le niveau de cortisol générée entre autre par le stress

Pistes pour la stimuler

  • si recevoir des compliments, des encouragements, et de façon générale du soutien des autres tant par leurs mots que par leurs gestes à notre égard augmente l’estime et la confiance en soi, cela marche aussi dans l’autre sens… Ainsi, écouter,«re-connaître » l’autre et  
    « apprécier » sa singularité et sa différence sont aussi bénéfiques pour notre ressenti de connexion et de bien-être
  • dans l’environnement professionnel, comme de nombreuses études en attestent, la capacité à exprimer et recevoir des feedbacks positifs de ses collègues, constitue la première ressource dans la résolution de problème et le premier facteur de satisfaction au travail. Plus largement la notion de soutien social est un élément central d’une culture d’entreprise saine qui cherche à allier épanouissement et performance optimale de ses collaborateurs
  • c’est également bien sûr l’une des premières qualités d’un Leader Positif avec son équipe au quotidien…et surtout dans les moments difficiles lorsqu’il s’agit plus que jamais de rassurer et d’encourager…

The Ocytocine Song

Sérotonine (régulateur de l’humeur et la confiance)

*Hormone du bonheur

Bonjour et Bienvenu

Définition

La sérotonine est un neurotransmetteur intervenant notamment dans la régulation de l’humeur, du sommeil, de l’appétit et de la température du corps. C’est sur elle qu’agissent la plupart des antidépresseurs.

Fonctions

  • suscite des sentiments de sérénité, d’optimisme et de bonheur
  • favorise la sensation de plénitude et de contentement
  • limite l’agressivité et développe l’empathie

 Pistes pour la stimuler

  • comme 95% de la sérotonine est produite dans l’intestin, autant dire que l’alimentation est essentielle (voir notamment ,vitamines B6 et B12). En outre, il s’agit de faire ce qui nous fait du bien (dormir, se relaxer, méditer, se promener en forêt, se faire masser…) et de sortir de la routine quotidienne (nouvelles activités, projets, voyages…)
  • sur le plan professionnel, si trouver du sens et du plaisir à son travail est essentiel, il est fortement recommandé par les temps qui courent de repérer les situations et les personnes (je sais j’en ai rencontré :)) qui suscitent le mauvais stress en diffusant le lent poison du sentiment d’inadéquation, d’impuissance et d’isolement. Pour ces derniers d’ailleurs (et valable pour chacun d’entre nous comme symptôme d’auto-diagnostic), un bon marqueur de la « connerie » selon Edgar Morin est qu’elle « unit erreur, bêtise et assurance. »

The Serotonine Song (complètement d’actualité :))

Endorphine (source de bonheur et/ou antidouleur)

*Hormone de l’euphorie

Quels sont les bons moyens de stimuler l'endorphine ?

Quels sont les bons moyens de stimuler l’endorphine ?

Définition

Opiacé naturel sécrété par le cerveau, elle a une capacité analgésique en agissant comme une substance morphinique naturelle.

Fonctions

  • provoque une sensation de calme et bien-être
  • réduit le stress et l’anxiété
  • aide à « passer au travers » de la douleur ou de l’inconfort.
  • limite les effets néfastes d’un niveau de stress trop prolongé.

Pistes pour la stimuler

  • pratiquer le sport et fournir un effort physique intense est bien connu pour favoriser la sécrétion d’endorphines mais on peut aussi se contenter d’un bon fou rire ou de regarder une bonne comédie.
  • au travail, surmonter le stress d’un entretien crucial sur le plan individuel ou relever un vrai défi sur le plan collectif avant d’en savourer et fêter le succès favorise bien les montées d’endorphine. Ah oui et puis on peut aussi rire au travail…si si c’est possible !

The Endorphine Song

Alors en ce début d’année ou plus que jamais les « vendeurs de peurs » sont aussi nombreux que les « bons docteurs » se font rares, j’ai décidé d’opter pour l’auto médication et de m’en refaire une « bonne » dose…

Et vous, quelle est votre potion miracle ?

*Le concept de bien-être subjectif, mis en avant par le psychologue Ed Diener et ses collègues (1997), désigne une vie heureuse. Il inclut deux composantes affectives qui constitue le bien-être émotionnel (un niveau élevé d’affects positifs et un niveau faible d’affects négatifs) et une composante cognitive : la satisfaction par rapport à sa vie.

Un article de Eric Mellet publié le 7 janvier 2019 sur son blog : https://mellet-consulting.com/blog/

Jean Gabin : Maintenant je sais

Blog

Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes
J’parlais bien fort pour être un homme
J’disais, Je sais
Je sais, je sais, je sais

C’était l’début, c’était l’printemps
Mais quand j’ai eu mes 18 ans
J’ai dit, Je sais, ça y est, cette fois je sais

Et aujourd’hui, les jours où je m’retourne
J’regarde la terre où j’ai quand même fait les 100 pas
Et je n’sais toujours pas comment elle tourne

Vers 25 ans, j’savais tout
L’amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l’amour ! J’en avais fait tout le tour

Et heureusement, comme les copains
J’avais pas mangé tout mon pain
Au milieu de ma vie, j’ai encore appris
C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots
Le jour où quelqu’un vous aime, il fait trés beau
J’peux pas mieux dire, il fait trés beau

C’est encore ce qui m’étonne dans la vie
Moi qui suis à l’automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse

Toute ma jeunesse, j’ai voulu dire je sais
Seulement, plus je cherchais
Et puis moins j’ savais
Il y a 60 coups qui ont sonné à l’horloge
Je suis encore à ma fenêtre
Je regarde, et j’m’interroge

Maintenant je sais
Je sais qu’on ne sait jamais
La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C’est tout c’que j’sais
Mais ça, j’le sais