Comment des managers motivés avec des QI individuels de 120 peuvent-ils constituer une équipe au QI global de 63 ?

Newsletter #16

Par Eric Mellet, le 7 mars 2019 |

 

Cette question de Peter Senge dans son livre la 5ème Discipline traduit assez bien la « déperdition d’intelligence » à l’œuvre dans bon nombre de CODIR, d’équipes et plus largement de collectifs humains… Erigé en dogme, on a voulu principalement retenir des travaux de Darwin le seul principe de compétition basé sur la loi du plus fort… Ainsi, d’une part on a oublié que la vraie teneur de son message mettait davantage en exergue la capacité spécifique d’un être vivant et d’une espèce à s’adapter mieux et plus vite que les autres… d’autre part, à l’ère de la complexité exponentielle, des limites d’un modèle économique du « toujours plus à tous prix » et des enjeux environnementaux et sociaux qui se posent  à notre espèce à l’échelle globale, il serait sage de se rappeler que pour combattre un Mammouth, il a toujours mieux valu s’y mettre à plusieurs !

« Je ne sais pas si c’est bien, mais c’est comme çà qu’çà marche ! »

Je nie toute participation

Pour la plupart d’entre nous, le modèle dont nous avons hérité  et dans lequel nous avons grandi est donc celui du « sois le plus fort…sois meilleur que… »… Dans le cadre professionnel, c’est par la suite assez naturellement que nous l’avons reproduit et perpétué avec plus ou moins de conscience d’être prisonnier du bien connu « manger ou être mangé » à la sauce de la world company chère au commandant Sylvestre (oui vous vous rappelez, c’était un peu après les Nuls)… Pour ma part et comme beaucoup, j’ai fait de mon mieux pour « survivre en environnement hostile » en développant une posture de déviant positif  qui revenait à payer le prix de ma « non conformité » par une performance qui se devait toujours  d’être exceptionnelle pour que mes avocats puisse défendre ma tête… Ce mode opératoire fit ses preuves  jusqu’au jour où mon 37ème N+1 en 29 ans de carrière résuma en ces mots sa philosophie professionnelle : « Je ne sais pas si c’est bien, mais c’est comme çà qu’çà marche !»

Cette phrase ce jour-là, fut la  « fameuse goutte » qui, comme on le sait depuis longtemps peut faire déborder le vase, mais  aussi comme on l’a appris aussi plus récemment, lancer une Marque Jaune à partir de ces lieux multi-directionnels et dont a parfois du mal à sortir que sont les ronds-points… Instantanément, je compris dès lors que la fantastique aventure intrapreneuriale dont la coopération avait été le moteur principal pour initier et mener un projet extraordinaire dans plus de 75 pays seraitsacrifiée sur l’autel de la compétition des égos et du retour à l’âge de pierre du management.

Alors si la capacité à s‘adapter est bien le marqueur ultime de ce qui subsiste ou de ce qui  est appelé à disparaître dans la compétition générale, le paradoxe tient au fait que pour un être ou une organisation, c’est dans sa capacité à  coopérer en « apprenant mieux et plus vite que les autres » (Argyris,1994)  que réside ses meilleures chances de rester dans la course de l’évolution…et à fortiori de l’innovation. Revisitées et enrichies par Béatrice Arnaud et Corinne EjeilLe Guide de l’Organisation Apprenante nous invite  à redécouvrir la modernité et la pertinence de la pratique des cinq disciplines pour contribuer plutôt à l’émergence des solutions qu’à l’entretien et la propagation des problèmes.

Prendre conscience du pouvoir des Modèles Mentaux

« Les modèles mentaux sont des postulats, des généralisations, voire des représentations ou des images profondément enracinées qui influencent notre compréhension du monde et nos actes. Très souvent, nous ne sommes conscients ni des modèles mentaux, ni de leurs effets sur nos comportements. » (Senge, 1990)

Perspectives…

Les recherches en la matière et notamment les avancées en Neurosciences nous permettent de mieux comprendre ce que l’on rassemble sous le terme de biais cognitifs que l’on pourrait plus communément appeler nos « à priori » ou nos « préjugés ». C’est ce que le  psychologue Daniel Kahneman appelle le Système 1 qui traite des opérations que notre cerveau réalise à notre insu pour nous faciliter la vie et nous faire gagner en traitant rapidement la masse de stimuli reçus à longueur de journée. Très utile dans certains cas,  ce « mode automatique » aussi provoquer une distorsion de la réalité et nous amener très souvent à porter un jugement ou prendre une décision sans avoir « raisonné » et vérifié la « validité des informations » qui la sous-tend en faisant appel au Système 2 ; celui qui « réfléchit et contrôle »…

A retenir

  • La méconnaissance des modèles mentaux et de leur impact renforcent la sensation « d’être en compétition » et ses corollaires (sentiment d’isolement, complexes de supériorité ou d’infériorité, impuissance apprise…) et constituent le premier obstacle à lever pour favoriser un modèle davantage axé sur la co-opération.
  • Dans l’organisation, ce sont ces modèles mentaux qui définissent la frontière plus ou moins claire entre « ce qui se fait ou pas », « ce qui est acceptable ou non » constituant ainsi pour le meilleur et pour le pire un des piliers de ce qui se cache souvent derrière la sacro sainte « Culture d’Entreprise » !
  • Notre Système 1 est du pain béni pour tous les diffuseurs de Fake News qui n’ont de cesse que de hacker notre esprit pour mieux nous influencer comme cet excellent documentaire d’ Arte le démontre à en faire froid dans le dos…

Les pistes de travail

  • Identifier les modèles mentaux dominants chez soi-même et dans son organisation
  • Apprendre à « observer sa manière de penser » et ses conséquences en termes de comportements et de communication avec ses pairs, sa hiérarchie ou son équipe
  • Repérer les modèles mentaux chez les autres pour en accueillir et en apprécier la diversité, la source de créativité et d’innovation

Développer sa Maîtrise Personnelle

Les individus qui bénéficient d’un haut niveau de maîtrise personnelle réussissent continuellement à améliorer leur capacité à atteindre les résultats qu’ils recherchent vraiment. (Senge, 1990)


« Etre élève, élève l’être »… Nombre de qualités recherchées aujourd’hui dans un modèle de Leadership Positif sont directement liées à la capacité individuelle à « apprendre tout au long de la vie », voire de plus en plus dans un monde en perpétuelle transformation à « apprendre à apprendre »… Ainsi, la curiosité, l’humilité, la capacité à explorer et à tenter le nouveau en acceptant la possibilité de l’échec comme source d’apprentissage sont la marque de ce que la chercheuse en psychologie Carol Dweck a défini sous le terme d’état d’esprit de développement.

Cette posture basse du leader est sa meilleure protection contre le développement de son hubris et ce que tendent à démonter les études du spécialiste en psychologie sociale Dacher Keltner, selon lesquelles les personnes en position de pouvoir souffrent d’un déficit d’empathie, d’une moindre capacité à lire les émotions et par voie de conséquence à adapter leur comportement aux autres.

A retenir

  • La maîtrise personnelle consiste à s’améliorer en tant que personne en développant son désir d’apprendre et son engagement à progresser
  • Selon Avolio (The Leadership quaterly, 2005), un leader authentique a une profonde connaissance de soi, de ses pensées, de ses comportements et émotions ainsi que de la façon don’t il est perçu par ses collaborateurs.”
  • Être un leader (et cela quel que soit son niveau hiérarchique) nécessite de prendre conscience et de développer les trois formes d’intelligence : cognitive, sociale et émotionnelle.

Les pistes de travail

  • Etre aussi souvent que possible en connexion avec ses valeurs profondes et l’intention qui fondent la prise de décision et le mode d’engagement
  • Cultiver la prise de recul et les capacités psychologiques positives que sont la confiance, l’optimisme, la résilience et bienveillance
  • Développer les quatre pratiques du Leadership Positif : créer un climat positif, s’appuyer sur les Forces et les relations positives, développer une communication positive, donner du sens

Promouvoir l’émergence d’une Vision Partagée

« Pour qu’une vision soit réellement partagé, il faut que vous et moi ayons la même image en tête, que nous nous sentions engagés l’un et l’autre à la réaliser, non pas chacun de notre côté, mais ensemble. » (Senge, 1990)

Selon une étude Deloitte et Viadéo 9 salariés sur 10 considèrent la question du sens au travail comme un enjeu majeur et cela se traduit concrètement par :

  • le respect des valeurs
  • l’utilité du travail
  • l’éthique
  • la compréhension des missionset de la stratégie
  • la contribution à quelque chose de plus grand que soi
  • un accès à l’information et le pouvoir de questionner

J’ai eu la chance de travailler dans près de 55 pays avec une multitude d’équipes ou de collectifs divers et donc bien sûr un grand nombre de managers ou de dirigeants différents. Ce qui m’a toujours frappé était de constater à quel points ceux qui étaient en mesure d’apporter un supplément d’âme au « business as usual » était ceux qui réussissait le mieux à créer de l’engagement,  susciter des émotions positives et à finalement  délivrer une performance exceptionnelle et durable. Ainsi, que cela soit fait de façon structurée ou non, à chaque fois il y avait un facteur commun à ces collectifs : une Vision Partagée initiale forte et sa permanente réactualisation en fonction du contexte.

A retenir

  • Une Vision Partagée favorise l’engagement, la confiance en soi et dans le groupe
  • Source intarissable d’énergie et de résilience pour relever les défis, elle donne une raison d’être à la fois individuelle et collective en permettant à chacun de trouver sa place et de contribuer à un dessein plus grand
  • Permettre les conversations que génère l’émergence d’ une Vision Partagée, c’est déjà lui « donner vie » !

Les pistes de travail

  • Intégrer qu’à l’ère de la complexité et de La transition fulgurante (Giorgini,2014), nul ne détient la vérité et apprendre à mobiliser l’Intelligence Collective est devenu vital
  • Prendre conscience du pouvoir infini des prophéties auto réalisatrices qui façonnent sinon à notre insu les conséquences  de nos actions tant sur le plan individuel que collectif
  • Découvrir et apprendre à mettre en œuvre la démarche de l’Enquête Appreciative (Appreciative Inquiry)

« Apprendre à Apprendre »… en équipe

« L’apprentissage individuel n’est plus le facteur à prendre en compte pour l’apprenante organisationnelle. Les gens apprennent sans cesse sans que cela profite à leur organisation. En revanche, si une équipe réussit à apprendre collectivement, elle devient un microcosme de l’apprenante à travers l’organisation. Ainsi son expérience a toutes les chances de se diffuser rapidement dans l’organisation, à travers les individus et d’autres groupes. (…) L’apprenance en équipe est une discipline collective, bien qu’elle implique des aptitudes et compétences individuelles. (Senge, 1990)

C’est une chose que d’apprendre seul et en silence, c’en est une autre que de se frotter à l’altérité, aux attentes et aux formes d’apprentissages différents de ceux avec lesquels on est sensé « faire équipe »…contrairement à ce que l’on pense parfois, une performance d’équipe ne passe pas toujours par l’affection réciproque entre ses membres mais davantage par le fait de partager un objectif commun précis, une conscience claire de ce que chacun apporte au collectif (les forces) et l’engagement individuel de mettre tout en oeuvre pour atteindre le but fixé. Dans ce cas, l’Intelligence Collective sert l’intérêt supérieur et le tout est supérieur à la somme des parties…

Pour le chercheur en psychologie Marcial Losada, il y a trois types de dialogues qui influence la capacité d’une équipe à communiquer et à apprendre:

  •  Positivité versus Négativité : ratio entre commentaires et interactions positives et négatives
  •  Questionnement versus Défense : ratio entre questions posés (surtout pour mieux comprendre) et nombre de fois où les personnes défendent seulement leur point de vue sans chercher un vrai dialogue avec l’autre
  •  Autre versus soi : ratio de commentaires qui font référence aux membres de l’équipe par rapport à ceux qui ne concerne que la personne qui s’exprime

A retenir

  • Reconnaître et se concentrer sur les réussites plutôt que sur les échecs favorise la capacité à apprendre et à performer.
  • « Ecouter pour comprendre » est plus puissant que juste « écouter pour répondre »…
  • Un dialogue est plus constructif lorsqu’aux questions fermées (réponse par oui/non) ; il s’enrichit de questions ouvertes et exploratoires en appelant un développement de pensée ou d’approfondissement en marquant l’intérêt et une saine curiosité

Les pistes de travail

  • Comprendre que les échecs lorsqu’ils sont sources d’apprentissage, sont les meilleurs gages des succès futurs
  • Faire preuve d’empathie et de bienveillance suscite la réciprocité
  • Apprendre à se questionner, à « s’écouter vraiment » et à partager ses enseignements est la marque des grandes équipes

Décoder et raisonner en « systémique »

« La pensée systémique est une discipline qui consiste à voir les phénomènes dans leur intégralité. Elle permet d’étudier les interrelations plutôt que les éléments individuels, d’observer des processus de changement plutôt que des images statistiques. » (Senge, 1990)

Il serait présomptueux de prétendre expliquer la systémique et son paradigme qu’est la complexité en quelques lignes de blog. Dans un monde simple, des causes (identifiées) produisent des effets (prévisibles) et quelle que soit la difficulté du problème à résoudre comme celle de construire un Airbus A320 par exemple, on peut « suivre un plan » et en prenant le temps qu’il faut, suivre une logique rationnelle pour assembler l’appareil pièce par pièce. Dans un environnement complexe, les liens entre les causes et les effets sont plus diffus, en mouvement perpétuel et dominé par l’aléatoire…la probabilité remplace la certitude, l’inconnu prédomine… Pour une entreprise, cela se traduit par exemple par un plan à trois ans remis en question dés le premier semestre de l’an 1. De même si l’exercice du budget annuel est utile, l’énergie qu’il a mobilisé pour voir le jour part de plus en plus en fumée dés le mois de Février pour laisser place à la « navigation à vue »… Pour sacrifier au vocabulaire à la mode; c’est Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu (VICA), on pourrait dire que c’est systémique dans la mesure ou tout est interconnecté et que « la solution d’ici » donne potentiellement naissance au « problème de  là-bas »… là-bas étant ici le département Commercial pour le Marketing par exemple, le sous traitant pour le dominant ou encore le Sud pour le Nord… pour finir le petit problème de chacun devient vite le grand problème de tous !

A retenir

  • Selon Edgar Morin, le compliqué s’attache à séparer/réduire, le complexe amène à conjuguer/distinguer
  • Le compliqué traite du pourquoi causal linéaire, le complexe repose sur la multicausalité circulaire
  • Le compliqué sépare l’observateur de l’observationdans le complexe l’observateur est partie prenante de l’observation

Les pistes de travail

  • S’entraîner à voir le monde et les organisations comme des « systèmes vivants » où l’organique prend le pas sur la mécanique
  • Se concentrer sur ce qui relie plutôt que sur ce qui sépare
  • Etre conscient que les problèmes d’aujourd’hui viennent le plus souvent des solutions d’hier

Face aux défis qui s’offrent à nous, voire au grand effondrement que certain nous prédisent, la prise de conscience de notre interdépendance est cruciale et gagner la compétition à n’importe quel prix ne mène nulle part…Et si comme nous le dit Christophe André, le désastre annoncé était l’opportunité d’apprendre, ou de réapprendre à coopérer…

Et vous qu’en pensez-vous ?

Un article de Eric Mellet publié le 7 mars 2019 sur son blog : https://mellet-consulting.com/blog/

Attention : dépasser la dose prescrite en 2019 peut causer de sérieux « effets secondaires positifs »…

Blog

Par Eric Mellet, le 7 janvier 2019 |

N’AYONS PAS PEUR DES « MAUX »… LIRE CE BILLET EN CE MOIS DE JANVIER 2019 PEUT PEUT-ÊTRE VOUS SAUVER LA VIE !

En tous cas, et c’est bien sûr ce que je vous souhaite, vous la rendre plus heureuse !

C’est donc à haute DOSE…. (Dopamine, Ocytocyne, Sérotonine, Endorphine) que je vous prescris le protocole suivant…

Le mouvement de la Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable que constituent les nombreuses avancées en matière de Neurosciences. Celles-ci désignent l’étude scientifique du système nerveux et permettent de comprendre le fonctionnement cérébral à l’origine de nos pensées, émotions et comportements. Alors bien sûr, et comme s’accordent à le dire tous les chercheurs en la matière, nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre compréhension de l’affolante complexité que renferme approximativement les 100 milliards de neurones du cerveau de base de n’importe lequel de nos congénères.

La Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable des Neurosciences

La Psychologie Positive bénéficie de l’apport inestimable des Neurosciences

Ainsi, que cela nous plaise ou non, nous avons bien tous le même « équipement cérébral » initial ! En ces temps d’invectives et d’intolérance assez bien partagées, cela donne bien sûr à réfléchir sur nos tendances à laisser notre égo alimenter un narcissisme galopant qui veut que l’autre (avec ou sans gilet), soit souvent plus stupide que nous… Cela étant dit, et c’est la première bonne nouvelle de l’année, nous pouvons guérir !  J’en veux pour preuve que sous la direction de Jean-François Marmion, un collectif de gens très sérieux (Antonio Damasio, Boris Cyrulnik, Daniel Kahneman et bien d’autres) l’affirme haut et fort dans l’ouvrage Psychologie de la Connerie : « un monde sans connards est possible ! »… je rajouterai en m’associant à ce grand projet pour 2019 :  « et chacun de nous peut y contribuer à son niveau ! »

Plus sérieusement, au-delà des conclusions hâtives et simplistes de certains magazines grand public, il est indispensable de s’intéresser aux découvertes en matière de neurosciences pour qui veut travailler à son épanouissement, voire même à s’épanouir au travail ! Vivre des émotions positives plus souvent et de façon plus intense est un bon marqueur de ce que le psychologue Ed Diener définit par la notion de  bien-être subjectif *, définition scientifique plus appropriée que la notion plus vague et relative de Bonheur.  Attention cependant, il n’est en aucun cas ici de renoncer aux bénéfices qu’il y a à vivre parfois des « émotions désagréables » (tristesse, colère, frustration…). Effectivement ce sont aussi des expériences de vie plus douloureuses qui lorsqu’elles sont bien intégrées nous rendent plus empathiques à l’égard des autres, résilients face aux épreuves de la vie et confiants dans notre capacité à relever les défis qui s’offrent à nous tant sur le plan personnel que professionnel.

LA CHIMIE DU CERVEAU POUR LES NULS

Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ».

Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ».

Nos émotions (agréables et désagréables) sont :

– à la fois le fruit et le résultat de l’activation de substances chimiques (hormones)

– produites par l’organisme (endogènes)

– stimulées (moins qu’on le pense) par notre capital génétique et (plus qu’on le pense) par nos comportements (activités physiques, sommeil, addictions…) et nos habitudes alimentaires.

– essentielles à l’équilibre de notre système hormonal, donc de notre santé physique et mentale.

Ainsi, face à chaque situation du quotidien, notre cerveau opère des réglages et active la sécrétion de diverses hormones. Mieux connaître et comprendre les comportements ou situations favorables à la sécrétion des hormones du bien-être permet de les stimuler en adoptant des attitudes propices à l’activation d’émotions dites « positives ». Si le fonctionnement hormonal est bien sûr d’une incroyable complexité, quatre hormones semblent jouer un rôle majeur dans notre ressenti de bien-être tant dans la sphère personnelle que professionnelle.

A LA RECHERCHE DE LA « BONNE DOSE » POUR SOI…

Dopamine (Joie et Action)

*Hormone du plaisir

Comment stimuler la dopamine ?
Comment stimuler la dopamine ?

Définition

La dopamine est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux. Elle influe directement sur le comportement en provoquant la sensation de plaisir par l’activation du système de récompense / renforcement.

Fonctions

  • favorise la sensation de plaisir et de relaxation
  • donne de l’énergie pour agir et faire face aux difficultés
  • régule la mémoire, la concentration, l’apprentissage, la prise de décisions, la motivation, la curiosité, l’attention et la créativité.

Pistes pour la stimuler

  • en général, être attentif à tout ce qui nous fait ressentir de la joie et ce qui nous rend plus intensément « vivant ». Il s’agit bien souvent de choses simples que l’on peut s’offrir (gratuitement) au quotidien : manger sain et équilibré, pratiquer régulièrement un exercice physique, dormir, méditer, caresser son animal de compagnie… On ne parle pas ici bien sûr de ce que procure les plaisirs artificiels (alcool, drogues diverses, sucres…) reconnaissables à leurs effets secondaires qui s’apparentent à une « descente » synonyme de souffrances physiques et psychologiques.
  • sur le plan professionnel, favoriser ce que le chercheur en Psychologie Positive au doux nom de Csíkszentmihályi a définit par ce qu’il nomme la sensation de flow. C’est à dire une tâche suffisamment difficile pour qu’elle mobilise toute notre attention et notre créativité mais en même temps suffisamment accessible pour qu’elle nous motive et satisfasse notre besoin d’atteindre l’objectif final. C’est que ce que les sportifs appellent « être dans la zone »  et c’est ce que l’on ressent lorsque l’on apprend à faire de nouvelles choses avec enthousiasme.

The Dopamine Song 

Ocytocine (Lien Social)

*hormone de l’amour

A deux c'est mieux
A deux c’est mieux

Définition

L’ocytocine est une hormone sécrétée par l’hypophyse, elle est à l’origine connue pour son rôle dans l’accouchement, l’allaitement, l’attachement mère-enfant. Plus récemment, la recherche a mis à jour son rôle majeur dans le lien social.

Fonctions

  • joue un rôle clé dans l’établissement et l’entretien de relations sociales positives
  • nourrit les sentiments d’intimité, de confiance et de loyauté qui facilitent en retour les interactions sociales et lescomportements de type altruiste
  • réduit la pression artérielle et le niveau de cortisol générée entre autre par le stress

Pistes pour la stimuler

  • si recevoir des compliments, des encouragements, et de façon générale du soutien des autres tant par leurs mots que par leurs gestes à notre égard augmente l’estime et la confiance en soi, cela marche aussi dans l’autre sens… Ainsi, écouter,«re-connaître » l’autre et  
    « apprécier » sa singularité et sa différence sont aussi bénéfiques pour notre ressenti de connexion et de bien-être
  • dans l’environnement professionnel, comme de nombreuses études en attestent, la capacité à exprimer et recevoir des feedbacks positifs de ses collègues, constitue la première ressource dans la résolution de problème et le premier facteur de satisfaction au travail. Plus largement la notion de soutien social est un élément central d’une culture d’entreprise saine qui cherche à allier épanouissement et performance optimale de ses collaborateurs
  • c’est également bien sûr l’une des premières qualités d’un Leader Positif avec son équipe au quotidien…et surtout dans les moments difficiles lorsqu’il s’agit plus que jamais de rassurer et d’encourager…

The Ocytocine Song

Sérotonine (régulateur de l’humeur et la confiance)

*Hormone du bonheur

Bonjour et Bienvenu

Définition

La sérotonine est un neurotransmetteur intervenant notamment dans la régulation de l’humeur, du sommeil, de l’appétit et de la température du corps. C’est sur elle qu’agissent la plupart des antidépresseurs.

Fonctions

  • suscite des sentiments de sérénité, d’optimisme et de bonheur
  • favorise la sensation de plénitude et de contentement
  • limite l’agressivité et développe l’empathie

 Pistes pour la stimuler

  • comme 95% de la sérotonine est produite dans l’intestin, autant dire que l’alimentation est essentielle (voir notamment ,vitamines B6 et B12). En outre, il s’agit de faire ce qui nous fait du bien (dormir, se relaxer, méditer, se promener en forêt, se faire masser…) et de sortir de la routine quotidienne (nouvelles activités, projets, voyages…)
  • sur le plan professionnel, si trouver du sens et du plaisir à son travail est essentiel, il est fortement recommandé par les temps qui courent de repérer les situations et les personnes (je sais j’en ai rencontré :)) qui suscitent le mauvais stress en diffusant le lent poison du sentiment d’inadéquation, d’impuissance et d’isolement. Pour ces derniers d’ailleurs (et valable pour chacun d’entre nous comme symptôme d’auto-diagnostic), un bon marqueur de la « connerie » selon Edgar Morin est qu’elle « unit erreur, bêtise et assurance. »

The Serotonine Song (complètement d’actualité :))

Endorphine (source de bonheur et/ou antidouleur)

*Hormone de l’euphorie

Quels sont les bons moyens de stimuler l'endorphine ?

Quels sont les bons moyens de stimuler l’endorphine ?

Définition

Opiacé naturel sécrété par le cerveau, elle a une capacité analgésique en agissant comme une substance morphinique naturelle.

Fonctions

  • provoque une sensation de calme et bien-être
  • réduit le stress et l’anxiété
  • aide à « passer au travers » de la douleur ou de l’inconfort.
  • limite les effets néfastes d’un niveau de stress trop prolongé.

Pistes pour la stimuler

  • pratiquer le sport et fournir un effort physique intense est bien connu pour favoriser la sécrétion d’endorphines mais on peut aussi se contenter d’un bon fou rire ou de regarder une bonne comédie.
  • au travail, surmonter le stress d’un entretien crucial sur le plan individuel ou relever un vrai défi sur le plan collectif avant d’en savourer et fêter le succès favorise bien les montées d’endorphine. Ah oui et puis on peut aussi rire au travail…si si c’est possible !

The Endorphine Song

Alors en ce début d’année ou plus que jamais les « vendeurs de peurs » sont aussi nombreux que les « bons docteurs » se font rares, j’ai décidé d’opter pour l’auto médication et de m’en refaire une « bonne » dose…

Et vous, quelle est votre potion miracle ?

*Le concept de bien-être subjectif, mis en avant par le psychologue Ed Diener et ses collègues (1997), désigne une vie heureuse. Il inclut deux composantes affectives qui constitue le bien-être émotionnel (un niveau élevé d’affects positifs et un niveau faible d’affects négatifs) et une composante cognitive : la satisfaction par rapport à sa vie.

Un article de Eric Mellet publié le 7 janvier 2019 sur son blog : https://mellet-consulting.com/blog/