Le vélo inversé de Destin Sandlin

Voyez cette vidéo tellement amusante et instructive à plus d’un titre.

Savoir-faire ≠ savoir comment on fait

La première chose que cette expérience nous rappelle, c’est que l’on sait faire du vélo, on le fait sans y penser. Le cerveau gère l’équilibre, les micro-corrections, la vitesse, les forces en jeu… Le tout de manière automatique, sans que la conscience ait son mot à dire.

C’est la spirale de l’apprentissage : je ne sais pas que je ne sais pas… je sais que je ne sais pas… je sais que je sais… et enfin, je ne sais plus que je sais…

Du coup, quand on change une règle du jeu (le vélo inversé), le cerveau est perdu. Destin va devoir créer des nouveaux chemins neuronaux s’il veut arriver à faire du vélo inversé.

8 mois, puis un déclic

Destin décide de relever le défi. Il s’entraîne 5 minutes par jour dans son allée, sous les moqueries de ses voisins.

Au bout de 8 mois, il y arrive et il y arrive presque d’un seul coup. Un jour il ne sait pas et le lendemain il sait. Il décrit ça comme un chemin qui s’ouvre dans son cerveau.

Mais ce chemin est fragile. Un téléphone qui sonne dans sa poche suffit à tout effacer : le cerveau retrouve instantanément le programme « vélo normal », et il tombe.

Amsterdam

Quelques mois plus tard, Destin se retrouve à Amsterdam. Il veut tester s’il peut encore faire du « vélo normal ». On lui en tend un.

Il ne sait plus.

Pendant 20 minutes, il essaie devant des passants intrigués. Puis, sans crier gare, l’ancien algorithme revient. Il repart comme avant sur son « vélo normal ».

On n’efface donc jamais vraiment un programme mental. On en construit un nouveau à côté et les deux coexistent.

Son fils réalise le défi en 2 semaines seulement

Pour vérifier l’hypothèse de la plasticité neuronale, Destin propose le même défi à son fils de 6 ans. Résultat : en deux semaines son fils y parvient. Le fiston fait mieux que son père et reconfigure plus vite car son cerveau d’enfant est plus malléable.

Ce que ça dit du changement

Changer une habitude ou une croyance n’est donc pas qu’une question de volonté ou de motivation. Il s’agit d’un travail de reconfiguration neuronale qui prend du temps, qui ne progresse pas de façon linéaire, et qui reste fragile longtemps.

L’ancien schéma ne disparaît pas. Il attend. La moindre distraction, le moindre stress, et le cerveau y revient.

C’est utile à intégrer quand on accompagne des individus ou des équipes en quête de transformation. Sans discipline, répétition, temps et sécurité psychologique, il n’y a pas de changement profond et durable.

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