La prise de décision ne dépend pas uniquement de facteurs rationnels

Newsletter #24

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Pierre-Marie Lledo dirige, depuis 2001, le laboratoire de recherche « Perception et Mémoire » à l’Institut Pasteur et le laboratoire « Gène et Conscience » du CNRS. Directeur depuis juin 2014 du Département des Neurosciences à l’Institut Pasteur, le Professeur Lledo est membre de l’Académie Européenne des Sciences et de l’Académie des Sciences de New York et professeur invité à l’Université de Harvard. Pierre-Marie Lledo mène le combat pour accroître nos facultés cognitives, notamment par le mariage cerveau-machine.

Crédits : © Can Stock Photo / SSilver

 

Aujourd’hui, l’homme connaît-il bien son cerveau ?
Pierre-Marie Lledo : Nous constatons depuis les années 70 une implosion du corpus de connaissances sur le cerveau. Nous avons assisté à la convergence de disciplines qui, jusque là, défendaient chacune leur chapelle : physiciens, biologistes, médecins, neurologues, psychiatres, philosophes auxquels se sont joints les nouveaux experts de l’informatique, science qui a beaucoup aidé à la connaissance du cerveau. Ces six disciplines ont convergé pour comprendre comment fonctionne notre cerveau.

Quel est l’enseignement majeur de cette connaissance approfondie de notre cerveau ?
P.-M.L. : Nous sommes devant la fin du début. On sait que l’on tient les outils et les bonnes questions qui se débarrassent d’une contingence de mythes et de croyances. On a cassé notre « boulet » qui se nomme Descartes et qui avait séparé l’âme et le corps. Les travaux engagés depuis les années 70 conduisent à réincarner l’âme : on met le cerveau à l’interface entre un corps et une dimension immatérielle. Autrement dit, nous nous réapproprions le cerveau en tant qu’organe matériel. Auparavant, par exemple, les expérimentalistes ne voulaient comprendre le cerveau qu’à travers l’observation des comportements. C’est fini aujourd’hui. On ne peut plus parler de notions de refoulement, d’inconscient, ou raconter l’histoire du sujet et de ses relations avec sa mère. Grâce à l’imagerie artificielle, nous avons les preuves que l’inconscient et le conscient se retrouvent et sont incarnés dans le cerveau.

Le cerveau deviendrait un organe où se retrouvent la raison et l’émotion…
P.-M.L. : En fait, on aborde le cerveau comme une machine à calculer. Notre cerveau prend des décisions en tenant compte des probabilités. J’ai fait cela, car j’étais dans tel contexte et cela s’est bien terminé. Je serais donc enclin à recommencer, je tiens compte de mon passé pour me projeter dans mon avenir en tenant compte des calculs de probabilités qui sont intégrés dans mon corps. C’est ce que j’appelle la réincarnation du cerveau dans le corps. La prise de décision ne dépend pas uniquement de facteurs rationnels. La décision n’est pas prise dans une couche que l’on appelle le cortex, elle tient compte de ce qui se passe dans le ventre.

Aujourd’hui, on sait que le corps peut subir les effets du cerveau, mais aussi que le corps parle au cerveau.

Prenons un exemple dans le monde des affaires. Lors d’une négociation, quand je serre la main de quelqu’un de l’autre partie, j’ai une accélération ou une baisse du rythme cardiaque, une baisse ou une hausse de la pression sanguine. Après avoir serré la main de cette personne, je peux faire un clin d’œil à mes collègues et leur dire : « ce contrat, je le sens bien ». Trente secondes ont suffi. Je ne me base pas sur le hasard, mais sur des intuitions qui sont elles-mêmes le résultat de probabilités qui se sont manifestées dans le passé, qui sont inscrites dans mon corps et que mon cerveau est capable de lire. Ce sont des phénomènes que l’on ne connaissait pas il y a encore quelques années. On parlait de maladies psychosomatiques. Aujourd’hui, on sait que le corps peut subir les effets du cerveau, mais aussi que le corps parle au cerveau.

Un chef d’entreprise devrait donc aussi écouter son corps, intégrer ses sentiments au moment de faire des choix…
P.-M.L. : C’est une particularité française. On ne dit pas aux décideurs qu’il faut utiliser leurs émotions dans leurs décisions. Au contraire, on leur conseille : déconnectez-vous de vos émotions, soyez le plus froid possible. On perd à ce moment une dimension que l’on appelle le charisme. Avec la dimension émotionnelle, c’est ce qui va différencier une voix synthétique qui vient d’un ordinateur d’une voix humaine qui, en permanence toutes secondes, transmet mon état émotionnel. Un sujet qui a du charisme, quand il prend des décisions rationnelles, peut calculer très vite et dire où il faut aller. Mais il convaincra en utilisant des signes de l’émotion, comme la paume ouverte, signe de partage et d’accueil… C’est le langage non verbal qui traduit nos émotions. Quand vous parlez du charisme, vous parlez de quelqu’un qui sait utiliser les deux dimensions, l’affect et la raison.

Un article de Jean-Louis Lemarchand paru le  paru le 18 novembre 2019 sur le site de Dirigeant.fr

Faciliter un processus de guérison avec la PNL

Newsletter #24

Santé, maladie et guérison sont des expériences très subjectives ce qui explique les possibles désaccords entre le point de vue médical et le ressenti du sujet. Le médecin peut affirmer la guérison alors que le sujet se sent encore malade. Ou la médecine peut déclarer le sujet handicapé, alors que ce dernier mène la vie qu’il souhaite. Alors comment aborder l’expérience subjective de la santé, de la maladie et de la guérison ?

Faciliter un processus de guérison avec la PNL
 
 
 

Pour la programmation neuro-linguistique (PNL), la subjectivité fait interagir : a) la Neurologie (dans ses aspects cognitifs), car notre attitude mentale, notre manière de penser (nos capacités, croyances et valeurs, identité et spiritualité) impactent notre langage et nos habitudes de vie; b) la linguistique, car si le langage reflète nos modes de pensée, notre manière de nous exprimer impacte aussi nos modes de pensée. Il existe une grammaire transformationnelle de nos modes de pensée; c) les « programmations » ou habitudes du sujet, découlent de nos modes de pensée et de parler. Ces trois composantes de l’expérience subjective forment un système dont les interactions sont constantes. Ces trois composantes représentent également trois portes d’entrée du changement humain en matière de santé : changer notre manière de percevoir et d’interpréter les événements, modifier notre manière de les décrire, ou modifier nos habitudes comportementales.
Les manières d’aborder la santé dans cet article ne se substituent en rien aux interventions ou prescriptions médicales.

Quelle est la fonction d’un symptôme ?

Les symptômes sont les éléments d’alerte (comme la douleur, la toux, le vertige, la tristesse…etc.) d’un dysfonctionnement en cours. Le symptôme est subjectif, et se distingue d’un signe clinique objectif, détecté par le médecin ou lors d’un examen médical (analyses biologiques, imagerie médicale…).

Le symptôme est une invitation à adopter une action corrective pour rétablir un équilibre. Le recours le plus courant est une consultation médicale qui permet d’objectiver la plainte en retrouvant des signes, qui, rassemblés en syndrome, puis en maladie en établissant un diagnostic, permettront de guider l’attitude thérapeutique sur l’organe et la fonction malade.

D’un point de vue systémique, le symptôme est un processus d’adaptation : il nous parle du dysfonctionnement d’un organe, mais aussi d‘une perte d’homéostasie, physique, biologique, émotionnelle, psychologique, relationnelle et environnementale de la personne.

Le symptôme possède une intention positive, celle de nous rappeler une rupture avec cette perte d’homéostasie. Celle- ci résulte de nos habitudes de vie, qui elles même résultent de nos cartes mentales, nos attitudes mentales ou notre manière de nous percevoir dans la vie. Une approche systémique de la santé devrait prendre en compte ces trois aspects : le symptôme, les habitudes de vie et les cartes mentales. En ce qui concerne les habitudes de vie, il important de rappeler la distinction entre celles qui dépendent de moi et sur lesquelles j’ai un pouvoir, et celles qui dépendent des autres sur lesquelles je n’ai pas de pouvoirs. Par exemple de nombreuses situations ne dépendent pas directement de vos habitudes de vie, mais des habitudes de votre environnement (par exemple les accidents, maladies professionnelles…etc)

La médecine curative et préventive s’occupe à merveille des deux premiers aspects mais bien moins du dernier, celui qui concerne notre manière de penser notre vie. Si la guérison est un processus qui vise à rétablir un déséquilibre considéré comme momentanément modifié, les trois aspects décrits plus hauts sont concernés par l’équilibre recherché. Ces trois aspects sont les éléments indissociables d’un système vivant auto-organisé, et en recherche de sens. La fonction du symptôme est d’alarmer la personne à propos d’une incongruence (ou désalignement), c’est-à-dire d’une déconnexion de cette personne de quelque chose perçu comme particulièrement important pour elle, par exemple des valeurs, des buts de vie, des relations, un travail, un environnement…etc. Si on admet cette vison systémique du symptôme, il convient d’apporter deux types de réponses correctives :

  • au niveau du symptôme : soulager ou traiter le symptôme et l’organe malade qui génère le symptôme, avec les formidables ressources de la médecine moderne,
  • au niveau des causes profondes de ce symptôme : comprendre les sources de la perte homéostasie (biologique, physique, émotionnelle, psychologique, relationnelle, environnementale) afin d’aider la personne à établir un nouvel équilibre de vie plus conforme à ses aspirations du moment.

Dans un mode de pensée linéaire, la même cause provoque le même effet. Dans une perspective non linéaire, un même symptôme peut impliquer un ensemble de causes. Ces deux approches, sur le symptômes et les causes,  sont complémentaires et doivent coopérer, pour le plus grand bénéfice du « patient », même si elles font appel à des compétences et métiers différents. Supprimer le symptôme sans en rechercher les causes, revient à tuer le messager porteur d’un message précieux à propos de notre santé. Si vous n’ouvrez pas vos courriers importants, vous allez recevoir une lettre recommandée, avant le passage d’un huissier. De même, si vous ignorez ou n’accusez pas réception des messages de votre corps, ce dernier va vous adresser des messages de plus en plus intenses.

La disparition des symptômes sans interventions sur les causes initiales peut donner au patient le sentiment  d’avoir été traité mais non guéri, même si les médecins affirment le contraire. Tout dépend sur quoi on porte son attention. Quand les causes ne sont pas prises en compte, on parle alors de récidives ou de rechutes.

Une approche participative de la santé

Dans une vision systémique, la guérison est le processus de retours à un nouvel équilibre/homéostasie. Ce processus sollicite idéalement une approche multidisciplinaire, avec la participation de la médecine curative, des hygiénistes, des psychologues ou des coachs de santé. Si le médecin soigne, c’est le patient qui décide de se guérir en se prenant en charge au niveau de la prise de ses traitements et d’acquisition d’habitudes de vie plus saines. Ce qui signifie qu’il y a bien une nécessaire coopération entre le médecin et son patient. Le meilleur des médecins ne peut pas faire grand chose sans la coopération et un désir de vie de son « patient ». Le rôle du médecin est de mettre en œuvre toute sa science pour soigner au mieux son « patient ». Le rôle du « patient » est de sortir de sa passivité, de se prendre en charge pour participer activement à l’amélioration de sa santé et à l’expérience transformative de la guérison.

Si le sujet accepte une part de responsabilité dans la survenue de sa maladie, il peut également accepter une part de responsabilité dans sa guérison. Je me souviens avoir entendu à la radio les propos d’un éminent cancérologue de l’hôpital de Villejuif disant que les plus grands progrès en matière de traitement du cancer, ne viendront pas de la mise sur le marché de nouvelles molécules mais d’une meilleure compréhension du psychisme humain. Je pense qu’il voulait parler de la participation du psychisme individuel à l’amélioration de sa santé.

Un regard systémique sur la santé

Un accompagnement basé sur une approche PNL peut aider un individu (et uniquement sur sa demande), à se prendre en charge pour acquérir des attitudes mentales (cartes mentales) plus saines, qui généreront des habitudes de vie plus saines, et aboutiront à un état de santé physique, mental et social plus sain. La contribution de la PNL à un processus de santé va se focaliser sur le niveau des cartes mentales de la personne (capacités, valeurs et croyances, identité et spiritualité). Les modèles PNL aborderont les cartes mentales dans toute leur complexité, par une approche systémique (et non mécaniste) inhérente aux fonctionnements des systèmes vivants qui par définition sont auto-organisés, et potentiellement capables de s’auto-guérir. Ces systèmes vivants sont en recherche permanente d’un équilibre (physique, mental, émotionnel,  économique,  spirituel…etc.). Un système vivant est ouvert sur le monde qui l’entoure, et un système vivant humain va impliquer les multiples dimensions du psychisme (dont la subjectivité de la carte du monde d’un individu).

Si on admet l’hypothèse que la fonction du symptôme est de témoigner d’une déconnexion à notre source d’équilibre, un processus de guérison est un processus d’adaptation de l’individu en quête d’un nouvel équilibre. Ce processus d’adaptation nécessite des ressources, disponibles dans le monde externes (le traitement médical et la stimulation des processus naturels de guérison, les relations de soutien, la qualité de l’environnement…etc.), et également dans le monde internes (nos valeurs, raison d’être, mission, connexions spirituelles…etc.) en sachant puiser dans notre réservoir inconscient de ressources et surtout en se donnant l’autorisation d’y accéder.

Faciliter un processus naturel de guérison

Le corps est doté de nombreux processus d’auto-guérison (cicatrisation immunité, hormonal…etc.) qui visent à maintenir notre homéostasie et nous maintenir en vie. Accompagner un processus de guérison consiste donc à faciliter et relancer ces processus naturels dont chaque humain est doté.  Trois facteurs clés vont contribuer à ce processus : une intention de changement, une relation facilitant le changement, et un rituel de changement

1-Une intention de changement

Rappelons à nouveau que le symptôme a pour fonction de nous signaler une modification de notre homéostasie, du fait d’une perte de liens avec les facteurs internes (valeurs, identité, rêves, passions…etc.) et externes (environnement, culture, relations, travail…etc.), de cette homéostasie. La première étape est donc de définir les nouveaux standards de cette homéostasie qui conditionne un nouvel équilibre de vie. Contrairement aux plantes, et à de nombreux mammifères, les humains sont des être intentionnels, capable de redéfinir leurs buts de vie. En définissant une intention on clarifie la direction que nous voulons donner à notre vie. « Si tu n’avais plus ce symptôme, que voudrais-tu changer dans ta vie ? » La réponse à cette question n’est pas simple, car elle engage l’individu dans sa dimension physique, mentale et spirituelle. Pourtant la réponse est indispensable, car cette réponse, en termes de direction de vie, devient le déclencheur d’une nouvelle auto-organisation (ou auto-guérison).

La définition de l’intention va souvent faire émerger ce qui s’oppose à sa réalisation : les interférences, résistances et les questions écologiques. Il est souvent nécessaire de recadrer des croyances du passé quand celles-ci ont contribué à rigidifier les cartes mentales des personnes, s’opposant ainsi à la possibilité de retrouver un nouvel équilibre. Les croyances limitantes peuvent être en rapport avec les buts (c’est impossible de guérir), les moyens à mettre en oeuvre (je n’ai pas la capacité de guérir, ou ce que je dois faire ne semble pas écologique), ou l’individu lui-même (ce n’est pas de ma responsabilité, je n’ai pas le droit de guérir et je ne le mérite pas.)

2- Une relation facilitant le changement

La relation comporte deux aspects : la relation à l’accompagnateur et la relation à soi.

La relation à l’accompagnateur. Le processus de changement sollicite des ressources externes. Une présence humaine bienveillante et inconditionnellement acceptante de qui nous sommes est fondamentale dans la facilitation de toute transformation humaine. Nous avons besoin d’être vus et acceptés tels que nous sommes pour nous autoriser à exprimer d’autres aspects de nous même. La fonction de cet accompagnant est d’autoriser son client à exprimer et réaliser son intention.

Une relation à soi. Le processus de changement sollicite des ressources internes qui peuvent être mobilisées aux différents niveaux d’expérience (comportements, capacités, valeurs et croyances, identité et appartenance).

3- Un rituel de changement

Si les problèmes de santé témoignent d’une perte d’homéostasie qui elle même résulte d’habitudes de vie inadaptées, tout changement en termes de santé passe par des modifications de ces habitudes de vie. Celles-ci peuvent concerner un environnement humain et physique plus favorable, un changement d’habitudes alimentaires, des stratégies anti stress (exercice physiques, loisirs, méditation…etc.), une vie relationnelle, émotionnelle et spirituelles plus riche. Ces nouveaux rituels ont pour but de faciliter la réalisation des nouvelles intentions de vie. Ces nouveaux rituels impliquent le plus souvent l’acquisition de nouvelles disciplines de vie.

La place de l’approche PNL dans une démarche de santé

Il reste à situer la place réelle des principes, méthodologies et outils PNL dans un processus de changement concernant la santé. La PNL ne soigne pas, la PNL ne traite aucune maladie, ni ne guérit une personne malade. La PNL a une place dans une démarche de santé pour aider le sujet malade à se prendre en charge pour participer au processus de transformation souhaité.

L’apparition d’un symptôme sévère qui ne relève pas du traitement symptomatique et qui n’a pas d’explications immédiate, nécessite une consultation médicale. L’expertise de celle-ci va porter sur le soulagement ou la disparition du symptôme et de la maladie. L’arsenal thérapeutique de la médecine moderne est en mesure de faire chaque jour des miracles dans le traitement des maladies aigues. Un pontage coronarien sauve la vie d’un individu en lui permettant de retrouver rapidement une bonne irrigation cardiaque. En plus du traitement du symptôme, les mesures médicamenteuses et préventives concernant l’exercice, l’alimentation et la gestion des facteurs de stress, permettront de rétablir l’homéostasie. On stabilise une homéostasie biologique, en ignorant parfois les autres dimensions (psychologiques, relationnelle, émotionnelles…etc.) de son homéostasie et les facteurs qui ont contribué à l’apparition du symptôme.

C’est sur cette composante psychologique que la PNL trouve son domaine d’excellence, à côté ou en complément d’autres approches (EMDR, Hypnose…etc.). Et rappelons à nouveau que ce n’est pas la PNL qui soigne ou guérit. Ce qui contribue à la guérison d’une personne malade résulte d’une intelligence collective entre un(e) professionnel(le) du soin qui fait le mieux qu’il peut avec sa technologie externe, et une personne souffrante qui décide de se prendre en charge, grâce à sa technologie interne, pour mener une vie plus en accord avec ses aspirations. L’intelligence collective en matière de santé va naitre de la relation entre la personne malade et tous ceux qui vont contribuer à la réalisation des buts de santé et de vie de la personne malade.

Les coachs de santé vont jouer un rôle important dans cette intelligence collective : ils ne soignent pas, ils ne traitent pas, mais vont aider leur client à donner du sens à leur maladie en définissant de nouvelles intentions de vie, en créant les conditions relationnelles du changement et en aidant leur client à installer de nouvelles disciplines de vie.

Les outils et modèles de la PNL peuvent répondre aux critères de réussite d’un changement en matière de santé :

  • la définition d’une intention de santé congruente, intention autours de laquelle une nouvelle auto-organisation va se mettre en place. La prise en compte des obstacles à la réalisation de cette intention par le recadrage des croyances limitantes.
  • un profond niveau de rapport à soi et à un accompagnateur, car seul un cadre relationnel de protection et de bienveillance peut favoriser les conditions du changement humain.
  • la mise en place de disciplines et nouvelles habitudes de vie, des habitudes alignées avec les buts de vie recherchés par la personne.

Un article du Docteur Jean-luc Monsempès publié en mars 2019 ici

Pour retrouver tous ses articles sur le sujet, cliquez ici

Pour la PNL, le livre de référence sur la santé est l’ouvrage de Robert Dilts et Tim Hallbom “Croyance et santé” chez La Méridienne.

Dans la bibliothèque : Entrer en stratégie par le Gal Vincent Desportes

Newsletter #24

À l’instantanéité doit succéder la réflexion… à la réaction incessante le recul stratégique.
La stratégie naît il y a 2 500 ans, à Athènes et en Chine avec Sun Tzu et son célèbre Art de la guerre. Art militaire au départ, méthode de pensée pour l’action, elle apparaît de plus en plus indispensable dans notre monde moderne. Pourtant, le sens en a été oublié.

Aujourd’hui, les décideurs – entrepreneurs, dirigeants, managers… – sont accaparés par le court terme et la tactique. Atteints de myopie décisionnelle, ils éprouvent des difficultés grandissantes à prendre du recul. Ils ont perdu l’habitude et le goût de la stratégie, qu’ils pratiquent de moins en moins alors qu’elle seule peut apporter des réponses à la complexité du monde et à l’accélération du temps. Dans cette vidéo, le Général Vincent Desportes nous donne quelques clés sur comment entre en stratégie à destination des dirigeants et des managers

Dans cette interview – et son livre – le Général Vincent Desportes nous donne quelques clés sur comment entre en stratégie à destination des entrepreneurs, des dirigeants et des managers.

Tao : la voie du bon sens

Newsletter #24

Privilégier l’être au paraître, écouter sa nature profonde, s’accorder à l’univers… L’enseignement de Lao Tseu n’a jamais été si moderne. Quelques principes simples pour vivre sereinement.

Tao… trois lettres pour dire l’axe central de l’univers, « d’où tout part et où tout revient ». Trois lettres pour une philosophie orientale qui va bien à notre époque. Certains d’entre nous la pratiquent peut-être sans le savoir, car cette doctrine ancestrale donne des clés pour vivre dans l’énergie, la prospérité et l’authentique. Moins connue que le bouddhisme, souvent confondue avec le zen, le tao nous indique « ce qui marche » pour favoriser la vie. « Il émousse ce qui tranche, démêle les nœuds, discerne dans la lumière, assemble ce qui, poussière, se disperse », écrivait son fondateur Lao Tseu. Le sinologue Cyrille Javary est plus direct : « Tao veut dire “voie”, mais on pourrait presque le traduire par “machin”, explique-t-il. Avec lui, les Chinois ont inventé le pragmatisme souriant. » Voici huit principes du tao. A utiliser sans modération.

© Jupiter

Rechercher l’essence, fuir l’apparence

« Celui qui ne perd pas sa racine peut durer », Lao Tseu

Les taoïstes ont recherché la véritable nature des choses, une démarche qui invite à aller au-delà des apparences. Ainsi, en plein mois de novembre, les Chinois voient déjà le printemps. Ils savent qu’il faut retourner la terre pour préparer les futures floraisons. Le tao privilégie l’être au paraître. « Un taoïste aujourd’hui recherche la simplicité en tout. Aux meubles alambiqués, il préfère la beauté d’un bois brut, explique Gérard Edde, auteur du Chemin du tao(La Table ronde). Aux vêtements synthétiques, la pureté du coton. »

Savoir que l’on est relié au monde et que les rythmes du monde sont en soi…

« Grand est le ciel, grande est la Terre, grand, l’être » « Tao Te King », 25

Le tao offre la vision d’un monde holistique, car il part de l’existence d’un flux d’énergie commun, le « ch’i », qui baigne aussi bien le soleil, les planètes que chaque être humain. « Tout homme, parce qu’il se sait en interaction avec toute chose vivante, se sent donc à sa place dans l’univers », explique Galya Ortega, spécialiste du massage taoïste. Cette conscience du ch’i est à la base de nombreuses techniques aujourd’hui très prisées : le feng shui, qui cherche à harmoniser le ch’i d’une habitation avec l’énergie des personnes qui y vivent, ou l’acupuncture, qui travaille sur les points énergétiques du corps afin d’accorder le « climat intérieur » de chaque individu avec la saison qui arrive, et prévenir ainsi les maladies.

En toute chose, reconnaître la danse du yin et du yang

« Le yin est ce qui a envie de devenir yang, et le yang, ce qui a envie de devenir yin », Cyrille Javary

Vivre le tao, c’est avoir conscience de ces deux énergies contraires, nées du vide primordial et qui se relaient sans cesse : le yang – qui correspond à la dureté, la masculinité, l’action, l’être, la lumière – succède au yin, qui incarne le féminin, la douceur, la passivité, les ténèbres, le non-être, la nuit. Dans toute situation, l’une de ces forces succédera à l’autre. Aussi, pour trouver l’harmonie, on recherchera sans cesse le point d’équilibre entre les deux. En cuisine, on élaborera des menus qui associent aliments yin (sucre, fruits, légumes verts, etc.) et yang (viande, œufs, fruits de mer, etc.). Dans la vie quotidienne, on alternera des temps de repos (yin) et d’action (yang), de retour à soi (yin) et d’extériorisation (yang). « Et le tao nous rappelle que se retirer, attitude très yin, peut aussi être une stratégie puissante, car c’est ce qui permet de restaurer l’énergie yang », affirme Cyrille Javary. Parfois donc, reculer, c’est progresser.

S’accorder aux cycles

« Les quatre saisons changent et se transforment continuellement l’une en l’autre. C’est ainsi qu’elles peuvent accomplir la durée du temps » « Yi King », hexagramme 32

Toute chose vivante est soumise à des cycles de destruction et de régénération. Les événements n’échappent pas à cette loi de la mutation : chaque aventure de la vie a ses propres temps d’action et d’immobilisation. La thérapeute américaine Diane Dreher, auteur de The Tao of Womanhood (Quill, New York) affirme que « la sagesse, c’est de savoir reconnaître la fin d’un cycle, de ne pas se battre contre l’incontournable et de savoir quand bouger ». Dans la journée, par exemple, à quelle heure nous sentons-nous au top de notre énergie ? A quel moment décline-t-elle ? Selon Diane Dreher, nous sommes plongés dans la confusion quand nous avons négligé de repérer à quel moment de son cycle en est telle ou telle relation affective ou situation professionnelle qui nous pose problème. Le tao peut alors se faire réconfortant puisqu’il nous chuchote à l’oreille : « Il n’y a qu’une chose qui ne change pas, c’est que tout change tout le temps. »

Résoudre les oppositions

« Sous la pluie, voir le soleil brillant. Dans les flammes, boire à la source fraîche », Anonyme

Pour nous cartésiens, qui pensons en termes de bien ou mal, noir ou blanc, le tao permet de délier les conflits cornéliens qui nous emprisonnent. « Le un se divise toujours en deux » : toute situation se déliera à un moment en une situation yin et une situation yang, rien dans la vie n’est univoque. Le tao nous propose donc de pratiquer la double vision. William Martin, auteur d’un bréviaire taoïste à l’usage des parents d’aujourd’hui (Parents’s Tao Te King – Marlowe and Company, New York), invite à prendre en compte cette dialectique des antagonismes dans l’éducation d’un enfant : « Si vous voulez que vos enfants soient généreux, vous devez d’abord les autoriser à être égoïstes. Si vous voulez qu’ils soient disciplinés, vous devez d’abord les laisser être spontanés. […] Une qualité ne peut être pleinement apprise sans la pleine compréhension de son opposé. »

S’asseoir et oublier

« Le sage rejette toute influence et demeure centré » « Tao Te King », 12

L’un des écrivains taoïstes les plus créatifs, Doctor Barefoot, se définit comme un « guerrier spirituel » (Guerrier urbain, manuel de survie spirituelle – J’ai lu). Individualiste, il méprise la politique car il sait que le travail intérieur prime sur tout et que pour agir en accord avec le tao, il faut d’abord être à l’écoute de sa nature profonde. « N’oubliez jamais : tout ce que vous voyez à la télévision, tout ce que vous lisez sur le Net, dans la presse ou dans les livres, tout ce que vous entendez à la radio, tout (y compris mon guide) est la pensée d’un autre. » Pour lui comme pour les ermites du VIe siècle avant J-C, la sagesse vient de l’intuition intérieure. Pour contacter celle-ci, une seule voie : entrer dans le silence intérieur et méditer. « C’est la “voie de l’eau”, explique Gérard Edde. On ne médite pas pour gagner plus de sagesse ou de sérénité mais, au contraire, on s’assoit pour perdre chaque jour quelque chose : une idée erronée, un mauvais comportement, une émotion conflictuelle… et ainsi rejoindre l’unité primordiale. »

Vivre l’acte sexuel comme un puissant échange énergétique

« Pendant l’amour, l’homme prend le yin qui lui manque et la femme, le yang dont elle a besoin », Gérard Edde

Aujourd’hui, le « tao sexuel » apparaît comme une invitation à l’extase perpétuelle. En réalité, si les ermites du VIe siècle avant J-C ont mis au point ces techniques sophistiquées d’union sexuelle – qu’ils pratiquaient avec des prostituées et suivant un calendrier très précis –, c’était avant tout pour purifier leur énergie vitale. Rien de romantique donc, dans cette pratique qui, comme le qi gong ou la méditation, a pour but essentiel de favoriser l’union avec le tao : « La maîtrise et la rigueur nécessaires aux amants étaient liées à leur manque de passion amoureuse », analyse Gérard Edde. L’acte sexuel est vécu comme un puissant moment d’échange énergétique, ayant à ce titre des répercussions sur toute la vie : « Lorsque votre énergie sexuelle circule librement dans tout le corps (et pas seulement dans les parties génitales), vous vous sentez plus élevé spirituellement et davantage connecté à vos impulsions », déclare Doctor Barefoot.

Apprendre à « nourrir la vie »

« Les hommes d’autrefois respiraient profondément jusqu’aux talons », Tchouang Tseu

Les premiers taoïstes, qui affirmaient leur désir d’atteindre l’immortalité, ont mis au point des centaines de techniques de régénération interne. Ces pratiques millénaires n’ont pas bougé d’un pouce. Vivre dans le tao, à notre époque, revient encore à prendre conscience de l’énergie vitale qui est en soi et à la faire fructifier grâce à ces techniques raffinées : taï-chi, qi gong (les « gymnastiques de santé »), massages taoïstes, médecine chinoise préventive, acupuncture, respiration énergétique, etc. Aujourd’hui, les cours permettant de s’initier fourmillent. Mais n’oublions pas le défi essentiel sur lequel elles ont été conçues : chacun doit savoir se régénérer, et devenir ainsi de plus en plus autonome. A chacun son tao, donc.

Confucius remis en question

Le taoïsme est un courant philosophique né dans le sud de la Chine au VIe siècle avant J-C. La doctrine de Confucius avait alors le monopole en matière de pensée. Concernant aussi bien les mœurs que la politique, cet ordre établi du « bien pensant » fut remis en question par Lao Tseu (Vieille Oreille longue). Ancien conseiller de la cour royale, celui-ci refusa de cautionner plus longtemps le pouvoir impérial qu’il jugeait décadent, quitta la société et entreprit un voyage au cours duquel il écrivit le “Tao Te King” (“Le Livre de la voie et de la vertu”). Ce texte fondateur déroulant les préceptes clés de la philosophie taoïste est un recueil de maximes, d’aphorismes et de dictons, divisé en quatre-vingt-un chapitres. Les deux autres pères du taoïsme sont Tchouang Tseu et Lie Yukou.

Un article de Pascale Senk du 7 Février 2019 sur Psychologies.com