Charles Pépin : « La confiance en soi est une injonction très nouvelle »

Le philosophe et romancier Charles Pépin donne des pistes de réflexion pour renouer avec la confiance en soi, une injonction nouvelle et contradictoire.

  1. La confiance en soi est une injonction typique de l’individualisme contemporain, où chacun est responsable de son destin et de sa réussite.
  2. Dans les sociétés traditionnelles, cette exigence n’existait pas, car la réussite dépendait moins de l’individu que de structures collectives.
  3. Le paradoxe moderne : on nous demande d’avoir confiance en nous, alors que les fondements concrets (solidarités, activités tangibles) qui la soutenaient s’effritent.
  4. Résultat : l’individu se retrouve isolé, désemparé, face à une attente irréaliste.
  5. Pourtant, la confiance en soi n’est pas à conquérir, mais à retrouver, car elle est déjà en nous, liée à notre vitalité.
  6. Trois chemins sont proposés pour y accéder :
    • Relationnel : la confiance se construit par le regard et le soutien des autres.
    • Technique : elle s’ancre dans les compétences et le savoir-faire concret.
    • Mystique : elle émerge de l’accueil du mystère (vie, nature, divin).
  7. Ces trois dimensions (relationnelle, technique, mystique) doivent s’articuler pour une confiance équilibrée.
  8. La confiance n’est pas une performance à atteindre, mais une ressource intrinsèque à redécouvrir.
  9. L’enjeu est de réenraciner cette confiance dans des réalités tangibles et partagées, plutôt que dans une quête solitaire.
  10. Ainsi, on dépasse l’injonction paradoxale en réconciliant individu et collectif, concret et spirituel.
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