Le philosophe et romancier Charles Pépin donne des pistes de réflexion pour renouer avec la confiance en soi, une injonction nouvelle et contradictoire.
- La confiance en soi est une injonction typique de l’individualisme contemporain, où chacun est responsable de son destin et de sa réussite.
- Dans les sociétés traditionnelles, cette exigence n’existait pas, car la réussite dépendait moins de l’individu que de structures collectives.
- Le paradoxe moderne : on nous demande d’avoir confiance en nous, alors que les fondements concrets (solidarités, activités tangibles) qui la soutenaient s’effritent.
- Résultat : l’individu se retrouve isolé, désemparé, face à une attente irréaliste.
- Pourtant, la confiance en soi n’est pas à conquérir, mais à retrouver, car elle est déjà en nous, liée à notre vitalité.
- Trois chemins sont proposés pour y accéder :
- Relationnel : la confiance se construit par le regard et le soutien des autres.
- Technique : elle s’ancre dans les compétences et le savoir-faire concret.
- Mystique : elle émerge de l’accueil du mystère (vie, nature, divin).
- Ces trois dimensions (relationnelle, technique, mystique) doivent s’articuler pour une confiance équilibrée.
- La confiance n’est pas une performance à atteindre, mais une ressource intrinsèque à redécouvrir.
- L’enjeu est de réenraciner cette confiance dans des réalités tangibles et partagées, plutôt que dans une quête solitaire.
- Ainsi, on dépasse l’injonction paradoxale en réconciliant individu et collectif, concret et spirituel.



