A quoi sert la « raison d’être » dans les entreprises ?

Newsletter #23

Les entreprises peuvent désormais intégrer dans leurs statuts « une raison d’être ». Mais pour que celle-ci ne devienne pas une coquille vide, elle doit s’inscrire dans un véritable cadre stratégique.

Dans leur rapport rendu au gouvernement en préparation de la loi PACTE, Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, ont proposé de modifier l’article 1835 du Code civil. La proposition a été retenue et les entrepreneurs qui le souhaitent peuvent modifier depuis mai 2019 les statuts de leur entreprise pour inscrire une raison d’être « constituée des principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ». Le vote de la loi PACTE a ainsi entraîné dans son sillage de nombreuses initiatives de la part de dirigeants (Thierry Breton, P-DG d’ Atos, Alexandre Bompard, P-DG de Carrefour, Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole…). Face à cet engouement, le risque majeur est que cette innovation juridique génère très rapidement des déceptions et conduise à des impasses si elle ne sert pas de clé de voûte à un véritable projet stratégique.

 

© GETTY IMAGES

La raison d’être désigne une ambition d’intérêt général qu’entendent poursuivre les dirigeants. C’est le cas par exemple de l’entreprise agroalimentaire familiale Nutriset qui se donne pour objectif « d’apporter des propositions efficaces aux problématiques de nutrition/malnutrition des enfants ». Le groupe de distribution Carrefour a quand lui décidé d’inscrire l’enjeu de la « transition alimentaire pour tous » dans ses statuts. A travers les raisons d’être qu’elles choisissent, les entreprises se positionnent sur des questions d’intérêt général ou des enjeux qui vont au-delà de la recherche du profit à court terme. La notion de lucrativité ne disparaît pas, mais l’entreprise se donne pour objectif d’associer résultats économiques et missions d’intérêt général. Missions qui vont se matérialiser par la formalisation et la prise en compte d’objectifs sociaux et environnementaux : diminution de l’empreinte écologique, amélioration des conditions de travail, revitalisation d’un territoire, etc.

Des risques d’instrumentalisation

Les initiatives récentes des dirigeants en matière de raison d’être se font souvent à grand renfort de plans médias destinés à convaincre leur audience qu’un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire de leurs entreprises. Si l’inscription d’une raison d’être dans les statuts n’est motivée que par le souhait de combler un déficit de visibilité ou de légitimité, il est probable que cela se retourne contre l’entreprise et ses dirigeants. Le risque : passer très rapidement de l’enthousiasme à la déception et que l’entreprise concernée perde sa crédibilité. Les raisons d’être trop rapidement déterminées ou mal formulées risquent de placer les entreprises dans une impasse. Le sursaut de légitimité s’abimera dans un exercice de reformulation et de rétropédalage ou il faudra expliquer aux actionnaires et aux parties prenantes que l’on s’est initialement trompé dans la formulation de ce qui constitue l’ADN de l’entreprise.

Si elle peut être instrumentalisée à des fins de communication, la raison d’être est également présentée par certains comme une solution miracle à toutes les problématiques de l’entreprise. Elle s’apparente à une véritable baguette magique qui lui permettrait de renforcer sa marque employeur, d’amadouer les actionnaires, de générer de nouveaux débouchés commerciaux ou encore de mieux collaborer avec les parties prenantes. Pourtant, comment quelques lignes supplémentaires dans les statuts d’une société commerciale pourraient produire autant d’effets ? Là encore, la déception et l’effet boomerang pourraient rapidement se retourner contre les dirigeants qui n’auront pas pris soin de se doter des outils et des moyens opérationnels nécessaires. Si elle ne sert pas à nourrir le projet stratégique, la raison d’être peut vite se transformer en gadget managérial qui promet plus qu’il ne délivre.

Une formulation essentielle

L’inscription d’une raison d’être n’est donc pas un acte banal car elle constitue le socle du cas d’investissement proposé aux actionnaires. Dans la mesure où elle détermine également l’identité de l’entreprise et sa contribution à l’intérêt général, il est difficile d’en modifier la formulation a posteriori. Pour qu’elle ait un sens et une portée réelle, elle doit être la clé de voûte d’un projet stratégique sur le long terme. Elle peut, le cas échéant, servir de moteur à une bifurcation d’activité en apportant des solutions à des problèmes de société. Les travaux du professeur de stratégie Todd Zenger permettent d’identifier les trois piliers susceptibles de donner de la consistance et de la matérialité à une raison d’être.

Les trois piliers de la raison d’être.

L’intention stratégique 

Affirmer une raison d’être implique de définir ou de redéfinir son « intention stratégique » et les objectifs poursuivis. Il ne s’agit plus seulement de revendiquer la consolidation d’un avantage concurrentiel et d’affirmer une position au sein d’un marché défini mais bien de proposer une contribution d’intérêt général au sein d’un secteur donné en fonction d’hypothèses macroéconomiques, sociologiques ou sociétales. Le P-DG de Danone Emmanuel Faber parle ainsi de souveraineté alimentaire pour décrire le rôle qu’il entend faire jouer à son groupe dans l’industrie alimentaire. A travers cette intention stratégique, il positionne son entreprise par rapport à un défi sociétal de première nécessité et propose que Danone soit désormais évalué à l’aune de sa contribution à cette objectif. Dans une logique similaire, la raison d’être de Michelin est d’ « offrir à chacun une meilleure façon d’avancer ».  L’entreprise clermontoise affirme un enjeu d’intérêt général – la mobilité – et se positionne par rapport à celui-ci.

Les actifs stratégiques

La formulation de la raison d’être ne doit pas s’arrêter à un exercice rhétorique. Elle doit être le moteur d’une mise en mouvement de l’organisation. Celle-ci passe en priorité par un inventaire des actifs stratégiques tangibles et intangibles de l’entreprise et leur mise en tension. Assurer par exemple la souveraineté alimentaire des territoires passe par une nouvelle organisation et des capacités d’action renouvelées. Les dirigeants qui n’arrimeront pas l’inscription de la raison d’être à un diagnostic interne des actifs stratégiques auront toutes les peines du monde à remplir la mission qu’ils ont fixé à leurs entreprises. Pascal Demurger, directeur général de la Maif, a d’ores et déjà entamé un travail de fond sur la culture de son entreprise, son modèle économique, son management et les futurs outils sur lesquels l’entreprise va assoir son développement au service d’une nouvelle protection, en vue d’inscrire une raison d’être dans ses statuts en 2020. Les outils de gestion basés sur l’intelligence artificielle vont dans le cas de la Maif jouer un rôle important dans la reconfiguration des pratiques métiers de l’entreprise.

La relation avec les parties prenantes

Poursuivre une mission d’intérêt général nécessite de repenser les frontières de l’entreprise et les interactions avec les différentes parties prenantes. Les entreprises ont depuis longtemps appris à considérer les attentes de ces dernières afin de sécuriser la poursuite de leurs projet économique. Inscrire une raison d’être implique de renouveler profondément les rapports entretenus avec les parties prenantes. Ce travail doit permettre de prendre la mesure des impacts de l’entreprise bien au-delà de ses frontières économiques et organisationnelles. Elle doit assumer ses externalités négatives et montrer comment elle agit pour les limiter ou les compenser. Ce travail doit également permettre d’inclure et d’exclure certaines parties prenantes, afin d’accéder à de nouvelles ressources, et d’enclencher la mise en tension de la structure et des actifs stratégiques de l’entreprise. L’inscription d’une raison d’être peut conduire, par exemple, à se séparer de certains fournisseurs en raison de leurs pratiques ou de leur utilisation de certaines matières premières, ne collant plus avec le projet de l’entreprise. Danone a par exemple lancé un projet de transformation majeur qui vise à limiter au maximum l’usage d’emballages en plastique. Cela suppose de trouver de nouveaux fournisseurs et de travailler avec des technologies nouvelles.

Les entreprises peuvent communiquer abondamment autour de l’inscription d’une raison d’être dans leur statuts afin de s’assurer d’un regain temporaire de légitimité. Mais elles peuvent aussi s’engager dans un véritable projet de transformation visant à clarifier leur projet stratégique pour qu’il réponde aux enjeux du réchauffement climatique, de l’effondrement de la biodiversité ou encore de la lutte contre les inégalités. La loi PACTE, dont l’une des ambitions est de repenser la place de l’entreprise dans la société, pourrait ainsi se retrouver instrumentalisée par des dirigeants trop pressés d’inscrire une raison d’être dans les statuts de leurs entreprises. Elle peut à l’inverse servir de support à une bifurcation du capitalisme français afin de rehausser la contribution des entreprises à l’intérêt général.

Un article du 08/07/2019 de Jean-Florent Rerolle et Bertrand Valiorgue paru sur HBR France

Les mots, puissants alliés de notre vie intérieure

Newsletter #23

La langue fonde notre façon de penser. En faisant évoluer notre vocabulaire, nous pouvons influer sur notre manière d’être.

Ils nous portent ou nous effraient, nous consolent ou nous encouragent, nous accablent ou nous élèvent. Surtout, ils révèlent notre capacité de penser, avec son ampleur ou ses limites, ses champs de réflexion et de connaissance.

Pinel

Eux? Les mots. Ces phonèmes présents à nos oreilles avant même que nous naissions – le bébé in utero est déjà «pris» dans le bain de langage de ses parents, qu’il perçoit de manière vibratoire à travers la membrane placentaire – au point que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik affirmait dans une récente conférence: «Nous sommes parlés avant de parler.»

À sa naissance, le nourrisson perçoit près de 3000 mots, puis retient et comprend 160 phonèmes de la langue maternelle. «Le cerveau, littéralement sculpté par le langage, réduit alors son activité et apprend à fonctionner à l’économie, poursuit le psychiatre. Nous sommes façonnés ainsi par notre milieu, mais quand arrive la traversée du “Rubicon de la parole”, quand les bébés se mettent peu à peu à parler entre les 20e et 30e mois, alors les déterminants peuvent changer.»

Plus de mots, c’est d’emblée plus de liberté. Liberté d’être, de se construire, de penser «à sa façon» grâce à la richesse lexicale qui va permettre de trouver le mot juste pour s’exprimer ou offrir des récits à l’autre. L’évolution des mots dans une langue révèle donc celui qui parle. Elle dit aussi beaucoup de l’évolution sociétale. Quand des mots sont sortis de l’usage, il y a de quoi s’inquiéter, car cet effacement peut aussi indiquer un affaiblissement de sens.

Passé simple et temps immédiat

Ainsi, le passé simple. En 2016, son emploi à l’oral étant jugé trop complexe et «discriminant», les nouveaux programmes ont demandé aux professeurs d’enseigner ce temps verbal en priorité aux 3es personnes du singulier et du pluriel dans les classes de cycle 3 (CM1, CM2 et 6e).

Mais en ne disant plus «je chantai» ou «tu sautas», n’en viendra-t-on pas peu à peu à effacer l’idée en chacun d’une action faite dans un moment précis? L’usage grammatical semble ici plier au profit de l’usage répandu via les nouvelles technologies, qui préfèrent le temps présent et le dialogue immédiat. Il n’a donc rien d’anodin.

Heureusement, sachant que nous utilisons environ 5000 mots en moyenne pour nous faire comprendre, que le vocabulaire quotidien, selon le milieu social et culturel, varie de 300 à 3000 mots, alors que le dictionnaire de langue française en répertorie environ 60.000, la marge de progression reste donc phénoménale.

Mais pour les psychologues, le lexique ne se réduit pas à un simple «listing» de vocabulaire. Il est à la fois un point d’appui de la pensée et un outil de connaissance, de soi et du monde. Ainsi, dans certaines thérapies il est recommandé d’observer son langage: les TCC, par exemple, recommandent de noter combien de fois par jour la personne anxieuse emploie les «il faut», «je dois» ou «j’aurais dû», afin de les remplacer peu à peu par des formules moins contraignantes: «je pourrais» ou «je choisis de»…

C’est dans la vie émotionnelle que le travail sur les mots se révèle le plus fructueux. En effet, si l’on se limite à connaître seulement les noms des six émotions de base (joie, colère, peur, tristesse, surprise, dégoût), on risque de passer à côté de tous les sentiments qui parfois nous habitent: la méfiance, le ressentiment, l’inquiétude, le doute, la sympathie, l’ardeur… Ne pas connaître leurs dénominations et leurs enjeux, c’est manquer des pans entiers de sa sensibilité.

Comment serait le monde, si nous n’avions pas des mots pour le voir ?

Boris Cyrulnik dans «La nuit, j’écrirai des soleils»

À l’inverse, ajouter de nouveaux mots à son vocabulaire peut faire fructifier celle-ci. Dans son beau livre Il nous faudrait des mots nouveaux (Éd. du Cerf), le critique littéraire et écrivain Laurent Nunez nous offre de découvrir des termes de langue étrangère qui ouvrent notre palette émotionnelle et nous permettent enfin de «mettre des mots» sur des sentiments jusque-là incompréhensibles. Ainsi «Litost», en tchèque. Le mot désigne «un sentiment proche du découragement», «né du spectacle de sa propre misère soudainement découverte» (Milan Kundera). Quant à «Naz», terme de la langue urdu, il évoque «la fierté qui nous remplit de savoir que l’on est aimé plus que tout au monde».

Le dernier livre de Boris Cyrulnik, La nuit, j’écrirai des soleils (Éd. Odile Jacob), est une magnifique démonstration de la puissance des mots dans des vies qui cherchent à se déployer. «Comment serait le monde, si nous n’avions pas des mots pour le voir?», demande-t-il. À quoi nous pourrions ajouter: comment penser notre vie intérieure, si nous n’avions les mots pour nous en approcher?

Un article du Figaro de

Le coaching de santé en bref

Newsletter #23
Le coaching de santé en bref

Le coaching de santé est une profession émergente qui répond aux défis de santé du monde actuel dans lequel le « patient » doit dans la mesure du possible prendre une part active à sa santé. Le coach de santé est un coach spécialisé dans le domaine de la santé, mais qui ne fait pas de diagnostic médical, ne soigne pas. Le coach de santé permet à son client de sortir de son rôle de patient, et de se prendre en charge pour acquérir un mental sain, afin de suivre au mieux les recommandations médicales, ou pour développer un état de santé susceptible de répondre à de nouvelles aspirations de vie.

Redéfinir la santé

La santé est un processus qui vise à préserver et développer un équilibre interne et externe tout au long de la vie, afin d’être en mesure de réaliser quelque chose d’important pour nous. Dès qu’on aborde la santé, les questions à se poser sont les suivantes : a) celles des finalités « un bon niveau de santé pour quelles finalités ? » ; b) celles des moyens « comment développer un niveau de santé en adéquation avec les buts recherchés ? » ; c) celles des responsabilités « qui a la responsabilité de cette santé ? »

Pourquoi cette nouvelle profession, le coach de santé ? 

De nos jours on meurt de moins en moins de maladies infectieuses ou aigues (septicémies, appendicites, traumatismes…etc.), comme aux siècles précédents. On meurt surtout des conséquences des maladies dégénératives et chroniques associées au vieillissement et aux styles de vie. Ce qui exerce une pression considérable sur le financement des systèmes de soin et questionne leur viabilité à long terme. Si les campagnes de santé publique (tabac, alimentation, alcool, exercice, vitesse…etc.) sont importantes, leur taux de réussite reste faible, car il est fort difficile de changer de comportements, si on ne change pas en même temps les modes de pensée qui ont produit ces comportements. Ce constat justifie pleinement l’émergence d’une nouvelle profession, celle de coach de santé. Des études montrent que les changements d’habitudes réussissent d’autant mieux qu’ils sont accompagnés par des coachs de santé.

Quels sont les principes d’action du coach de santé ?

Une approche multifactorielle et globale de la santé

Pour mener notre vie comme nous l’entendons, nous avons besoin de multiples capacités : celles du corps pour faciliter le mouvement, celles du mental pour nous orienter au mieux, celles de nos relations pour interagir avec les autres et nous intégrer dans une famille ou un groupe, et enfin celles nécessaires à l’exercice d’un métier répondant à nos aspirations. Le coach de santé pose un regard systémique (globalité, homéostasie et imprévisibilité) sur les interactions entre les composantes physiques (le corps), mentales (capacité, croyances et valeurs, identité) ou la psyché (l’esprit), et leurs répercussions sur la vie de la personne.

Une approche cognitive de la santé

Si le dicton dit qu’un corps sain contribue à un esprit sain, l’inverse est également vrai. Car le corps et l’esprit sont deux facettes indissociables d’un même système. Seul un état d’esprit sain est en mesure de générer durablement des comportements de santé appropriés à la réalisation d’un but, des comportements qui à leur tour produiront les résultats attendus. Si la science médicale soigne remarquablement le corps, le coaching de santé ne soigne pas, mais va aider son client à se prendre en charge dans la création durable d’un mental sain et puissant, à la mesure de ses buts de vie et capable de répondre de manière appropriée aux dangers et opportunités du présent et du futur. Le coach de santé à donc une approche purement cognitive de la santé. De nombreux outils en science humaine (PNL, Systémique, AT, Hypnose….etc.) peuvent être utilisés. Des travaux cliniques montrent comment certains états comme l’optimisme peuvent grandement influencer positivement notre santé.

Quel est le champ d’intervention du coach de santé ?

Face à l’apparition d’un symptôme intense et prolongé, trois niveaux d’intervention peuvent se succéder, se compléter :

Le premier niveau est comportemental. Le symptôme est un comportement et un signal d’alarme à propos d’une lésion d’un organe ou d’une fonction physiologique. La technologie médicale moderne est extrêmement efficace pour soulager, traiter les dysfonctionnements d’un organe ou d’un système (neurologique, cardio vasculaire, endocrinien…etc.), identifier ses causes mécaniques ou biologiques et y répondre par des mesures chirurgicales, médicamenteuses ou des préconisations en matière d’hygiène de vie qui peuvent stabiliser le problème de santé et le maintenir dans des normes biologiques ou physiques « acceptables ».

Le second niveau est cognitif. Le symptôme est aussi une invitation à acquérir des modes de pensée plus sains et plus efficace. Bien des patients préfèrent inconsciemment rester malade que de modifier en profondeur les habitudes de vie qui sont à la source de la maladie. Ce sont là des questions d’écologie qui ne peuvent être ignorées, et qui en dehors d’une volonté hors norme du patient, méritent d’être accompagnées. Les interventions du second niveau soutiennent donc et complètent celles du premier niveau. Elles permettent au sujet de mettre en œuvre des recommandations médicales.

Le troisième niveau concerne le sens. Le symptôme est enfin une communication à propos d’une perte d’intégrité de notre corps, de notre mental, et de quelque chose de plus profond : notre psyché, notre raison d’être, nos buts de vie…etc. Une lésion de l’âme dirait Platon. Cette perte d’intégrité vient souvent d’une perte de liens avec des composantes essentielles de notre vie. La personne ne se sent plus en capacité de s’adapter et se prendre en charge dans la réalisation de ses nouvelles intentions de vie. Le symptôme nous invite à acquérir un autre niveau de congruence, un nouveau niveau de conscience plus adapté à la réalisation des buts de vie.

Ces trois démarches apparaissent fort complémentaires et méritent de coopérer pour le plus grand bénéfice des personnes concernées par la maladie, la guérison et la santé.

Que fait le coach de santé ? 

Le coach de santé ne se substitue pas au personnel soignant : il ne porte pas de diagnostics, il ne soigne pas, il ne prescrit pas de traitement.

Le coach de santé aide son client à prendre conscience des interactions internes et externes dysfonctionnelles et à réaménager autrement ces composantes à la lumière des nouveaux buts de vie. Car l’expérience humaine est dynamique, les directions que nous donnons à notre vie évoluent au fil du temps.

Le coach de santé soutient le travail du personnel soignant en aidant son client à acquérir les stratégies mentales qui vont faciliter l’application des recommandations médicales.

Le coach de santé va apprendre à son client à se prendre en charge et à s’auto réguler  pour développer et maintenir un état de santé aligné avec les buts recherchés. La prise en charge concerne :

  • la définition des buts recherchés, en termes de rétablissement, d’évolutions ou de transformations durables.
  • l’acquisition des stratégies nécessaires à la réalisation des buts, en dépassant les limitations (croyances limitantes), et en développant des ressources appropriées.
  • la mise en place d’une boucle de feedback, pour mesurer les progrès réalisés en matière d’auto régulation.

L’auto régulation du système est un aspect constitutif de la santé durable et d’un processus d’auto guérison. Car l’auto régulation est l’essence même de la vie.

Le coach de santé intervient dans un cadre déontologique, en s’assurant que son client est bien pris en charge par un ou plusieurs professionnels de santé. Idéalement, le coach de santé coopère le médecin soignant ou l’équipe médicale.

Quelle est la mission du coach de santé ?

Si nous avons conscience que la santé est un bien précieux, nous ne savons parfois plus dire en quoi elle est précieuse. Pour passer du temps à regarder la télévision ou mettre des post sur les réseaux sociaux, travailler comme un fou ou passer du temps avec sa famille, aider les autres ou réaliser une passion ou un rêve ?  Quelle est cette chose si précieuse à réaliser et conditionnée par la santé ? C’est surtout en redécouvrant ses buts de vie et en prenant conscience de notre mortalité que nous prenons conscience du caractère précieux de la santé. Un bien à préserver pour les besoins du quotidien, et aussi un bien à développer et à faire fructifier pour la réalisation des projets d’avenir. La santé est précieuse car la vie est précieuse. La mission du coach de santé est de révéler les potentiels d’auto guérison dont les humains sont dotés et qu’ils ignorent le plus souvent.

Un article du Docteur Jean-luc Monsempès publié le 22 mars 2019 ici

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