Conférence sur les questions de l’efficacité, de l’écart, de l’entre et de la transformation

Newsletter #29

de François Jullien lors du Symposium SFCoach du 23 janvier 2020

François Jullien, sinologue et helléniste, philosophe de la transformation le plus traduit dans le monde, titulaire de la chaire sur l’altérité à la Fondation Maison des Sciences de l’homme, Grand Prix de philosophie de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre, prix Hannah Arendt pour la pensée politique

Il est le philosophe qui a le plus analysé ce que sont les transformations. Il nous invite ainsi à entrevoir tous les « potentiels de situation » vecteur de   transformation silencieuse qui induit le changement sans l’imposer. Il se situe là au cœur de notre métier de coach et de ses postures pour repenser le nouveau, l’inouï, et ouvrir « le champ des possibles ».

Voir l’article de Sybille Persson et Pascal Pougnet « Pourquoi inviter coachs et dirigeants à rencontrer François Jullien ? En quoi est-il inspirant ? »  ICI

Voir les Témoignages de coachs sur l’apport de François Jullien pour leur métier ou identité de coach ICI

Voir l’article de Sybille Persson et Stéphane Floch « Pour les dirigeants.es aussi, la pensée de François Jullien résonne face à la complexité ambiante. » ICI

A quoi sert la « raison d’être » dans les entreprises ?

Newsletter #23

Les entreprises peuvent désormais intégrer dans leurs statuts « une raison d’être ». Mais pour que celle-ci ne devienne pas une coquille vide, elle doit s’inscrire dans un véritable cadre stratégique.

Dans leur rapport rendu au gouvernement en préparation de la loi PACTE, Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, ont proposé de modifier l’article 1835 du Code civil. La proposition a été retenue et les entrepreneurs qui le souhaitent peuvent modifier depuis mai 2019 les statuts de leur entreprise pour inscrire une raison d’être « constituée des principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ». Le vote de la loi PACTE a ainsi entraîné dans son sillage de nombreuses initiatives de la part de dirigeants (Thierry Breton, P-DG d’ Atos, Alexandre Bompard, P-DG de Carrefour, Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole…). Face à cet engouement, le risque majeur est que cette innovation juridique génère très rapidement des déceptions et conduise à des impasses si elle ne sert pas de clé de voûte à un véritable projet stratégique.

 

© GETTY IMAGES

La raison d’être désigne une ambition d’intérêt général qu’entendent poursuivre les dirigeants. C’est le cas par exemple de l’entreprise agroalimentaire familiale Nutriset qui se donne pour objectif « d’apporter des propositions efficaces aux problématiques de nutrition/malnutrition des enfants ». Le groupe de distribution Carrefour a quand lui décidé d’inscrire l’enjeu de la « transition alimentaire pour tous » dans ses statuts. A travers les raisons d’être qu’elles choisissent, les entreprises se positionnent sur des questions d’intérêt général ou des enjeux qui vont au-delà de la recherche du profit à court terme. La notion de lucrativité ne disparaît pas, mais l’entreprise se donne pour objectif d’associer résultats économiques et missions d’intérêt général. Missions qui vont se matérialiser par la formalisation et la prise en compte d’objectifs sociaux et environnementaux : diminution de l’empreinte écologique, amélioration des conditions de travail, revitalisation d’un territoire, etc.

Des risques d’instrumentalisation

Les initiatives récentes des dirigeants en matière de raison d’être se font souvent à grand renfort de plans médias destinés à convaincre leur audience qu’un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire de leurs entreprises. Si l’inscription d’une raison d’être dans les statuts n’est motivée que par le souhait de combler un déficit de visibilité ou de légitimité, il est probable que cela se retourne contre l’entreprise et ses dirigeants. Le risque : passer très rapidement de l’enthousiasme à la déception et que l’entreprise concernée perde sa crédibilité. Les raisons d’être trop rapidement déterminées ou mal formulées risquent de placer les entreprises dans une impasse. Le sursaut de légitimité s’abimera dans un exercice de reformulation et de rétropédalage ou il faudra expliquer aux actionnaires et aux parties prenantes que l’on s’est initialement trompé dans la formulation de ce qui constitue l’ADN de l’entreprise.

Si elle peut être instrumentalisée à des fins de communication, la raison d’être est également présentée par certains comme une solution miracle à toutes les problématiques de l’entreprise. Elle s’apparente à une véritable baguette magique qui lui permettrait de renforcer sa marque employeur, d’amadouer les actionnaires, de générer de nouveaux débouchés commerciaux ou encore de mieux collaborer avec les parties prenantes. Pourtant, comment quelques lignes supplémentaires dans les statuts d’une société commerciale pourraient produire autant d’effets ? Là encore, la déception et l’effet boomerang pourraient rapidement se retourner contre les dirigeants qui n’auront pas pris soin de se doter des outils et des moyens opérationnels nécessaires. Si elle ne sert pas à nourrir le projet stratégique, la raison d’être peut vite se transformer en gadget managérial qui promet plus qu’il ne délivre.

Une formulation essentielle

L’inscription d’une raison d’être n’est donc pas un acte banal car elle constitue le socle du cas d’investissement proposé aux actionnaires. Dans la mesure où elle détermine également l’identité de l’entreprise et sa contribution à l’intérêt général, il est difficile d’en modifier la formulation a posteriori. Pour qu’elle ait un sens et une portée réelle, elle doit être la clé de voûte d’un projet stratégique sur le long terme. Elle peut, le cas échéant, servir de moteur à une bifurcation d’activité en apportant des solutions à des problèmes de société. Les travaux du professeur de stratégie Todd Zenger permettent d’identifier les trois piliers susceptibles de donner de la consistance et de la matérialité à une raison d’être.

Les trois piliers de la raison d’être.

L’intention stratégique 

Affirmer une raison d’être implique de définir ou de redéfinir son « intention stratégique » et les objectifs poursuivis. Il ne s’agit plus seulement de revendiquer la consolidation d’un avantage concurrentiel et d’affirmer une position au sein d’un marché défini mais bien de proposer une contribution d’intérêt général au sein d’un secteur donné en fonction d’hypothèses macroéconomiques, sociologiques ou sociétales. Le P-DG de Danone Emmanuel Faber parle ainsi de souveraineté alimentaire pour décrire le rôle qu’il entend faire jouer à son groupe dans l’industrie alimentaire. A travers cette intention stratégique, il positionne son entreprise par rapport à un défi sociétal de première nécessité et propose que Danone soit désormais évalué à l’aune de sa contribution à cette objectif. Dans une logique similaire, la raison d’être de Michelin est d’ « offrir à chacun une meilleure façon d’avancer ».  L’entreprise clermontoise affirme un enjeu d’intérêt général – la mobilité – et se positionne par rapport à celui-ci.

Les actifs stratégiques

La formulation de la raison d’être ne doit pas s’arrêter à un exercice rhétorique. Elle doit être le moteur d’une mise en mouvement de l’organisation. Celle-ci passe en priorité par un inventaire des actifs stratégiques tangibles et intangibles de l’entreprise et leur mise en tension. Assurer par exemple la souveraineté alimentaire des territoires passe par une nouvelle organisation et des capacités d’action renouvelées. Les dirigeants qui n’arrimeront pas l’inscription de la raison d’être à un diagnostic interne des actifs stratégiques auront toutes les peines du monde à remplir la mission qu’ils ont fixé à leurs entreprises. Pascal Demurger, directeur général de la Maif, a d’ores et déjà entamé un travail de fond sur la culture de son entreprise, son modèle économique, son management et les futurs outils sur lesquels l’entreprise va assoir son développement au service d’une nouvelle protection, en vue d’inscrire une raison d’être dans ses statuts en 2020. Les outils de gestion basés sur l’intelligence artificielle vont dans le cas de la Maif jouer un rôle important dans la reconfiguration des pratiques métiers de l’entreprise.

La relation avec les parties prenantes

Poursuivre une mission d’intérêt général nécessite de repenser les frontières de l’entreprise et les interactions avec les différentes parties prenantes. Les entreprises ont depuis longtemps appris à considérer les attentes de ces dernières afin de sécuriser la poursuite de leurs projet économique. Inscrire une raison d’être implique de renouveler profondément les rapports entretenus avec les parties prenantes. Ce travail doit permettre de prendre la mesure des impacts de l’entreprise bien au-delà de ses frontières économiques et organisationnelles. Elle doit assumer ses externalités négatives et montrer comment elle agit pour les limiter ou les compenser. Ce travail doit également permettre d’inclure et d’exclure certaines parties prenantes, afin d’accéder à de nouvelles ressources, et d’enclencher la mise en tension de la structure et des actifs stratégiques de l’entreprise. L’inscription d’une raison d’être peut conduire, par exemple, à se séparer de certains fournisseurs en raison de leurs pratiques ou de leur utilisation de certaines matières premières, ne collant plus avec le projet de l’entreprise. Danone a par exemple lancé un projet de transformation majeur qui vise à limiter au maximum l’usage d’emballages en plastique. Cela suppose de trouver de nouveaux fournisseurs et de travailler avec des technologies nouvelles.

Les entreprises peuvent communiquer abondamment autour de l’inscription d’une raison d’être dans leur statuts afin de s’assurer d’un regain temporaire de légitimité. Mais elles peuvent aussi s’engager dans un véritable projet de transformation visant à clarifier leur projet stratégique pour qu’il réponde aux enjeux du réchauffement climatique, de l’effondrement de la biodiversité ou encore de la lutte contre les inégalités. La loi PACTE, dont l’une des ambitions est de repenser la place de l’entreprise dans la société, pourrait ainsi se retrouver instrumentalisée par des dirigeants trop pressés d’inscrire une raison d’être dans les statuts de leurs entreprises. Elle peut à l’inverse servir de support à une bifurcation du capitalisme français afin de rehausser la contribution des entreprises à l’intérêt général.

Un article du 08/07/2019 de Jean-Florent Rerolle et Bertrand Valiorgue paru sur HBR France

Stéphanie Gicquel  : Visualiser pour ne jamais abandonner

Newsletter #23

Dans cette interview de Matthieu Stefani sur son podcast Generation Do It Yourself, Stéphanie Gicquel partage avec nous les enseignements qu’elle tire de ses expériences de sportive de l’extrème.

Stéphanie est une femme hors du commun ! 😉

 

Les moyens que Stéphanie met en oeuvre pour se développer et les méthodes qu’elle utilise pour surmonter les difficultés et les obstacles qu’elle rencontre sont transposables, parfois avec évidence, dans nos entreprises… et dans nos vies plus généralement !

A écouter absolument : ici sur Apple Podcast, ou là sur Spotify ou encore là sur Deezer

Diplômée d’HEC, avocate, elle fait partie de la poignée d’explorateurs à avoir foulé à la fois le pôle Nord et le pôle Sud géographiques. Sportive de l’extrême, elle réalise des expéditions sportives engagées. Première française à avoir couru un marathon autour du pôle Nord par -30 °C, elle a aussi traversé l’Antarctique via le pôle Sud sur 2.045 kilomètres en 74 jours par -50 °C, la plus longue expédition à ski sans voile de traction réalisée par une femme en Antarctique (Guinness World Records).

Elle pratique aussi la course à pied sur ultra-distance, et vient notamment de remporter l’édition 2018 du Grand Raid du Morbihan, caniculaire, dont elle a couru les 177 km en 23 heures et 46 minutes. Stéphanie Gicquel est également championne de France d’athlétisme (24h sur route – 215,3 km).

Auteure des livres On naît tous aventurier (Ramsay Edigroup, mai 2018) et Expédition Across Antarctica (Vilo Edigroup, Préface Nicolas Vanier, Prix littéraire René Caillié 2016), elle partage régulièrement son expérience du changement, de l’audace, de l’adaptation, du dépassement de soi.

GENERATION DO IT YOURSELF est le podcast qui décortique les succès et les échecs des personnes qui ont décidé de prendre leur vie en mains. Dans chacun de ses interviews, Matthieu Stefani nous permet de recontrer toutes sortes de personnes passionnantes. Comme il l’écrit lui même en introduction de son site : L’adage dit que « nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons ». Avec Génération Do It Yourself, nous fréquentons des personnes qui se sont construites par elles-mêmes et qui ont réussi (et échoué), afin de nous immerger dans leur aventure.

#52 Stéphanie Gicquel -Visualiser pour ne jamais abandonner

La science de l’intention

Blog

Reconnaître le pouvoir derrière nos intentions

Les idées de réglage de l’intention, d’affirmations quotidiennes, de loi d’attraction et de manifestation, ou dans le lexique de la tradition du yoga, «Sankalpa», vont dans le même sens: si nous sommes clairs sur ce que nous voulons vraiment dans notre vie le temps sur une base régulière pour l’articuler… nous pouvons en faire une «magie».

 

Pour beaucoup de gens, ces idées sont beaucoup trop enracinées dans le domaine des traditions ésotériques. Par conséquent, ils les rejettent avant même de pouvoir envisager de les essayer. Cependant, ce n’est pas vraiment magique. Les découvertes contemporaines dans le domaine en plein essor de la neuroplasticité décrivent notre capacité neurologique à changer nos croyances, nos comportements et nos habitudes.

En rassemblant ce corpus de recherches scientifiques sur la manière de définir efficacement une intention, je m’efforce de commencer à comprendre en quoi une pratique de Sankalpa est un outil de transformation aussi efficace – et où ces changements peuvent être visiblement tracés dans le cerveau comme dans le corps.

La science derrière Sankalpa

Par hasard, j’ai commencé à pratiquer le Sankalpa à peu près au même moment où j’ai rencontré le concept de neuroplasticité.

La neuroplasticité se réfère simplement au fait que le cerveau est un organe dont la structure évolue en réponse à l’expérience.

Cette explication provient du professeur de psychologie et de psychiatrie, Richard Davidson, figure de proue dans ce domaine. La compréhension de la neuroplasticité est en fait ce qui m’a poussé à commencer – et à rester fidèle – à une pratique de Sankalpa, rendant effectivement possible un changement durable.

C’est particulièrement vrai dans les derniers travaux et recherches que Davidson mène au Center for Healthy Minds qu’il a fondé. L’équipe de recherche examine des moyens d’utiliser le potentiel de la neuroplasticité pour induire un changement positif :

Nous apprenons que nous pouvons façonner notre cerveau de manière plus adaptative et plus bénéfique en cultivant des habitudes saines d’esprit… Lors d’une situation difficile que votre cerveau n’a jamais rencontré auparavant, il peut se réorganiser et se restructurer pour y faire face. Plus votre cerveau est souvent exposé à ce nouveau défi – comme apprendre un instrument de musique, par exemple – plus il se réorganise et renforce ce chemin… Nos cerveaux sont constamment façonnés, sciemment ou inconsciemment – la plupart du temps sans le vouloir…. ce qui offre la possibilité de former intentionnellement nos cerveaux pour améliorer le bien-être.

C’est au cours de ma dernière année de baccalauréat, fort des connaissances nouvellement acquises sur la neuroplasticité et d’un enregistrement du Yoga Nidra, que j’ai décidé de faire face à l’énorme anxiété qui menaçait de me faire rater mon diplôme. Ayant toujours été un enfant timide, j’ai supposé que l’inquiétude croissante que je ressentais dans une situation potentiellement stressante correspondait à la manière dont j’étais « branché » sur le problème. La sagesse de la neuroplasticité m’a apprit que j’avais la force mentale de me reconnecter autrement, cela impliquant d’assumer mon processus de pensée, puis de tourner mon attention vers mon mental et les histoires de peur et d’échec que je me racontais.

Alors que la neuroplasticité est neurologique – et commence donc avec le cerveau en tant qu’organe, une pratique de Sankalpa est psychologique – se rapportant à notre esprit complexe et intangible.

Qu’est-ce que Sankalpa ?

Le terme sanscrit est traditionnellement traduit par nos « désirs » subconscients, motivants et existants. Il est, en termes psychanalytiques freudiens, notre motivation. Le désir qui nous motive, réside profondément dans les domaines inconscients de notre esprit.

La nature de cette pulsion, renforçante ou destructrice, est née de nos expériences passées, mais cherche à obtenir une satisfaction constante dans le présent, déterminant ainsi notre action future.

Dans le yoga moderne, la notion de Sankalpa est devenue une pratique par laquelle nous établissons consciemment une intention. Il prend la forme d’une déclaration simple, positive, au présent. En créant une pratique centrée sur cette intention ou «résolution» – d’utiliser la traduction contemporaine de Sankalpa – l’objectif est de choisir puis de changer notre désir.

Dans son expression la plus simple, mon inquiétude venait de la peur, il me fallait donc trouver l’antidote. J’ai opté pour la phrase suivante: « Je suis confiant. » Cependant, je sais que murmurer : « Je suis confiant. Je suis confiant. Je suis confiant… » pour moi-même devant le miroir n’allait pas vraiment couper ma peur. Une intention efficace doit être vraiment ressentie pour pouvoir y croire.

C’est pourquoi une déclaration de Sankalpa est souvent pratiquée pendant la méditation, dans le cadre d’une visualisation, ou dans mon cas, une pratique de Yoga Nidra – le sommeil yogique où la déclaration peut être déposée dans le subconscient. Effectivement, une opportunité qui crée un espace où nous pouvons nous permettre de réellement ressentir que le changement existe déjà en nous.

Sankalpa Practice en tant qu’entraînement neuroplastique

Il existe une corrélation nette entre la neuroplasticité en tant que moyen de former notre cerveau et une pratique de Sankalpa qui repose sur l’idée que nous pouvons activement choisir et changer notre motivation et nos désirs.

Mais il y a un autre élément important sur lequel ils sont tous deux d’accord : le lien corps-esprit. Les recherches neuroplastiques démontrent cette relation psycho-physique. Dans un discours intitulé « Transformez votre esprit, changez votre cerveau : Neuroplasticité et transformation personnelle » de Davidson, il utilise l’expression « l’esprit incarné » pour exprimer l’idée que notre esprit et notre cerveau ne sont pas simplement soutenus par une architecture désincarnée ; il existe une communication bidirectionnelle entre le cerveau et le corps qui offre un mécanisme permettant à notre esprit d’influencer notre corps de manière à produire des conséquences néfastes ou bénéfiques pour la santé.

C’est la raison pour laquelle une pratique réussie de Sankalpa demande que nous croyions réellement à notre déclaration « Je suis… » au présent, au point qu’elle soit ressentie dans le corps. Vous ressentez physiquement à quoi cela ressemble en ce moment d’avoir cet atout dans votre vie. Ce phénomène est peut-être la partie la plus intégrale, sinon la plus difficile de la pratique de Sankalpa. Cependant, comme le dit Davidson, c’est bidirectionnel – par conséquent, si l’esprit a du mal à croire, commencez par le corps.

‘Fake it’ jusqu’à ce que vous le deveniez ‘

Ces mots sont de la psychologue sociale Amy Cuddy dans sa conférence TED 2012 : « Votre langage corporel façonne qui vous êtes ». C’est peut-être l’une des explications les plus connues de la façon de puiser dans l’esprit incarné. Les recherches de Cuddy étaient motivées par la proposition suivante : lorsque vous prétendez être puissant, vous avez plus de chances de vous sentir réellement puissant. Nous savons que notre esprit change notre corps, mais est-il également vrai que notre corps change notre esprit ?

En effet, si vous jouez le rôle, en particulier dans le langage corporel, d’une personne « puissante » ou ayant réussi, vous pouvez réellement influencer les processus physiologiques du corps pour s’aligner sur cela. Il semble qu’une autre conséquence naturelle de cela soit la création d’un nouveau schéma de pensée ou d’un changement neuroplastique.

Les recherches de Cuddy sont très intéressantes : elles mettent l’accent sur le corps en premier. Même si vous ne créez pas cet état de croyance dans votre esprit, vous pouvez lui donner un coup de main le jouant dans votre corps et votre comportement.

J’ai certainement utilisé cette astuce lorsque j’ai roulé les épaules en arrière et me suis dirigée délibérément vers la salle d’examen, même si j’avais une envie irrésistible de fuir. Cependant, au fil du temps, avec la pratique voulue pour se sentir confiant, le désir de courir s’est calmé au fur et à mesure que la démarche volontaire vers la situation devenait plus naturelle. Lorsque j’ai vraiment appris à imaginer ce que ma vie me ferait si je n’étais pas angoissée lors de ma pratique du Sankalpa, j’ai commencé à avoir un goût réel de confiance dans ma vie quotidienne. J’ai découvert par moi-même qu’il s’agit autant d’un état du corps que d’un état d’esprit.

Ma pratique de Sankalpa est beaucoup moins mystérieuse qu’elle ne me le paraissait au début, car placée dans un contexte scientifique, c’est effectivement une forme d’entraînement neuroplastique. Le but est d’intégrer les souhaits de l’esprit dans les processus neurologiques du cerveau, ce qui se traduit par des fonctionnements et des sentiments dans notre corps, ce qui se voit finalement dans les actions et les apparences de nous en tant qu’individus ! La transformation peut se faire de haut en bas (cerveau / esprit) ou de bas en haut (corps / esprit). Donc, si vous déclarez que votre désir ne fonctionne pas, essayez de le retourner sur sa tête et laissez le corps guider l’esprit.

 

Publié sur LinkedIn le 24 juillet 2019 par Michel Dionne